Rezé: Un lotissement construit pour les gens du voyage sédentarisés

SOCIETE Ils pourront garder leur caravane dans un jardin d'hiver...

Guillaume Frouin

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Esther, 60 ans, s'apprête à quitter sa caravane pour une maison HLM avec jardin de 90 m2. Le 6 janvier 2011 à Rezé, en Loire-Atlantique.
 
Esther, 60 ans, s'apprête à quitter sa caravane pour une maison HLM avec jardin de 90 m2. Le 6 janvier 2011 à Rezé, en Loire-Atlantique.   — F. Elsner / 20 MINUTES

Les premières vont sortir de terre d'ici à la fin du mois. A Rezé, au «Hameau du Breuil», quatorze petites maisons HLM vont être livrées l'été prochain pour les gens du voyage, sédentarisés depuis des dizaines d'années sur ce terrain vague. Le lotissement se trouvera donc à deux pas du périph', sous une ligne à haute tension et face à la déchetterie de la commune. Peu importe pour Esther, l'essentiel est sauf: un «jardin d'hiver» a été prévu dans chaque maison, pour abriter la caravane de la famille.

«On veut bien s'insérer, mais sans renoncer à notre culture», explique cette retraitée de 60 ans, qui vit ici depuis quarante-deux ans. Maxime, son mari, appréhende ce changement de vie. «Il ne sait pas s'il va pouvoir dormir entre quatre murs», poursuit cette mère de sept enfants. «Il n'entendra plus le gazouillement des moineaux le matin ou le bruit de la pluie sur la caravane.»

Ils ont choisi leurs voisins

D'autres changements de vie attendent Maxime: le chemin de terre pour accéder au terrain, boueux et cabossé, va être bitumé, et l'éclairage public installé. Pour éviter les problèmes de voisinage, chaque famille a par ailleurs pu choisir sa maison. «Souvent, chez les gens du voyage, il y a des problèmes entre familles», explique Xavier Amossé, conseiller général (PS) et président de Habitat 44, l'office HLM qui va gérer le lotissement. «Nous avons fait en sorte que les regroupements se fassent par affinités.»

Le projet, au final, vise à mieux intégrer ces familles mais aussi à stopper l'installation anarchique de caravanes. Il a mis... dix ans à aboutir. «Chez les élus, il y a toujours des bonnes intentions pour voter un schéma d'accueil de gens du voyage, mais il n'y a plus beaucoup de monde dès lors qu'il s'agit de passer aux actes», observe Gérard Allard, adjoint (PS) au maire de Rezé en charge de l'urbanisme. «Il faut en effet aller affronter les riverains dans les réunions publiques, où le sujet ne fait pas forcément l'unanimité.»