deux pompiers morts sur un incendie criminel

Antoine Gazeau

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La nacelle des pompiers était positionnée près d'une ligne à très haute tension.
La nacelle des pompiers était positionnée près d'une ligne à très haute tension. — F. Elsner / 20 Minutes

C'était une intervention « normale ». Un incendie chez un concessionnaire automobile, mercredi soir, dans la zone industrielle de Ragon, à Treillières. Elle aura été fatale au sergent Christophe Augereau, 31 ans, et au caporal Jean-Charles Sorin, 25 ans, tous les deux sapeurs-pompiers du centre de secours de Saint-Herblain. Juchés sur une nacelle, il se sont approchés d'une ligne de 225 000 volts. « Elle était très peu décelable par nuit noire, et une épaisse fumée empêchait toute visibilité, explique le colonel Philippe Berthelot, directeur départemental du service d'incendie et de secours (SDIS). Et puis, les pompiers portaient d'encombrants appareils respiratoires… » Un arc électrique s'est formé. Les deux hommes ont été électrocutés. Les efforts de réanimation ont été vains. Il était environ 23 h.

Un homme en fuite
« Ce drame nous rappelle que nos sapeurs-pompiers ne connaissent jamais d'intervention mineure », juge Philippe Grosvalet, président du SDIS. « On n'est jamais préparé à la mort d'un collègue », ajoute un colonel Berthelot choqué.
La colère pourrait décupler son émotion : l'incendie que les deux jeunes Ligériens tentaient de circonscrire serait criminel. Il est en tout cas « peu vraisemblable qu'il soit d'origine accidentelle », indique Xavier Ronsin, procureur de la République. Sur place, un homme a été aperçu par un vigile. Après le déclenchement de l'alarme incendie, il se serait enfui et aurait escaladé un grillage.

Brice Hortefeux aux obsèques ?
Le parquet a ouvert une enquête. Elle déterminera si l'intrus « peut être considéré comme pénalement et juridiquement responsable de ce qui s'est produit », précise le procureur, « ou si des imprudences ont été commises » lors de l'intervention. Des expertises sont en cours, une autopsie aussi. De sa durée dépendra la date des obsèques, auxquelles le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, pourrait se rendre. En attendant, une chapelle ardente a été mise en place à la caserne de Saint-Herblain.

leçon

Le collectif national CGT pompiers a interpellé, hier, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron (UMP). « S'il réduit les effectifs, ce ne peut être qu'au prix de la sécurité, estime Stéphane Boeuf, délégué CGT de Loire-Atlantique. Il faut réfléchir au plan national. Des lignes à très haute tension peuvent-elles surplomber des zones industrielles où les incendies sont déjà dangereux ? Peut-on exiger un minimum de hauteur ? En tout cas, ce drame ne doit plus se reproduire... »