la « crue du siècle » n'avait pas fait de morts

Julien Ropert

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Submergée par la crue, Saint-Julien de Concelles avait été particulièrement touchée.
Submergée par la crue, Saint-Julien de Concelles avait été particulièrement touchée. — DR

Nantes, Rezé, Basse-Indre les pieds dans l'eau, le niveau qui monte jusqu'à trois mètres à Basse-Goulaine. Nous sommes il y a tout juste cent ans, le 2 décembre 1910, et la Loire vient de se manifester par une crue record. « L'année 1910 a été un peu une annus horribilis, raconte André Bernard, président de l'association Entre Divatte et Goulaine 1910-2010. Dès novembre, les agriculteurs de la vallée avaient anticipé la crue, en rentrant le bétail et le foin sur les hauteurs. Et au soir du 2 décembre, la levée de la Divatte a cédé. »

Aucune victime à déplorer
L'édifice, construit en 1856, protège la vallée des accidents climatiques. Mais cette fois-ci, il cède, et Saint-Julien-de-Concelles, La Chapelle-Basse-Mer et Basse-Goulaine sont sous les eaux. Le lendemain, une autre digue cède et ce sont Haute-Goulaine, La Chapelle-Heulin, Le Landreau et Le Loroux-Bottereau qui écopent. Une catastrophe historique qui ne fera heureusement aucun mort, les habitants et les autorités l'ayant anticipée. Cent ans après, même les plus vigilants, comme les membres de l'association Entre Divatte et Goulaine, ne jouent pas la carte de l'alarmisme.

Quasiment aucun risque aujourd'hui
« Il n'y a pas de risque zéro, mais avec tout le travail de protection et de surveillance effectué par le conseil général, qui est propriétaire de la levée, il faudrait une conjonction exceptionnelle de phénomènes pour qu'une catastrophe se reproduise, assure André Bernard. Et si cela devait arriver, il n'y aurait pas de pertes humaines, car ce serait une inondation lente, contrairement à ce qui a pu se passer à La Faute-sur-Mer cette année. » Des paroles qui devraient rassurer certains habitants du Val Nantais, adeptes de la théorie du complot. « La question qu'on nous pose le plus souvent dans nos interventions, c'est de savoir si on ne ferait pas sauter la Divatte pour sauver Nantes, poursuit André Bernard. Il faut bien que les gens comprennent que c'est aberrant, c'est une simple rumeur. »

Pédagogique

L'association Entre Divatte et Goulaine organise une exposition très complète sur la levée de la Divatte et la crue de 1910 dans les communes de la vallée. Les panneaux historiques s'accompagnent d'une exposition de cartes postales qui permettent de mesurer l'importance du phénomène. Un DVD et un livre ont également été édités, et une partie des bénéfices sera reversée aux victimes de la tempête Xynthia.Programme complet sur www.100ansdelacrue.fr