Haro sur les violences sexuelles

antoine gazeau

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L'athlète nantaise Catherine Moyon de Baecque témoigne de son histoire douloureuse.
L'athlète nantaise Catherine Moyon de Baecque témoigne de son histoire douloureuse. — F. Elsner / 20 Minutes

Elle a été agressée et violée. Par plusieurs athlètes de haut niveau, encouragés par l'entraîneur national, en 1991. Si un visage incarne les violences sexuelles dans le sport, c'est bien celui de l'ex-lanceuse de marteau Catherine Moyon de Baecque, la première à les avoir dénoncées. Alors le préfet Jean Daubigny l'a invitée lundi soir, lui qui signait, avec le comité départemental olympique (CDOS), une convention de prévention et de lutte contre ces méfaits. Pour toute information et soutien, son dispositif prévoit notamment un « 08  victimes » (08 842 846 37). L'athlète nantaise applaudit : « A mon époque, j'ai parlé pour ne pas mourir. Plus on m'en empêchait, plus j'en avais envie. » Elle s'était longtemps heurtée à un mur.

L'homophobie taboue ?
Officiellement, le CDOS n'a jamais eu vent d'aucune affaire de ce type en Loire-Atlantique. « Il ne s'agit que de prévenir, explique son président, Norbert Chetrit. On veut que le sport reste sain. » Pour lui, « rien n'est tabou ». A ses côtés, Yoann Lemaire est plus sceptique. En France, l'Ardennais est « le seul joueur de foot homo », à en croire le titre de son livre*. Il a dû quitter son club après son coming out en 2008 : « Personne ne s'offusque d'entendre un dirigeant ouvertement homophobe. » Maintenant si. « On y travaille depuis huit mois, raconte Emmanuelle Proteau, chargée de mission à la préfecture. On vise les clubs, mais aussi les sections sportives scolaires. » Le plan : des affiches placardées, des films projetés. Des partenaires, comme le centre gay et lesbien de Nantes, se disent aussi à l'écoute. Mieux que le silence d'après, le bruit avant...