Un goût de bouchon qui passe mal

Guillaume Frouin

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42,4 % des axes de Nantes intra-muros seraient « encombrés », d'après Auto Plus.
42,4 % des axes de Nantes intra-muros seraient « encombrés », d'après Auto Plus. — F. Elsner / 20 Minutes

Le magazine est sorti hier en kiosques. Selon Auto Plus, Nantes intra-muros figure en tête des villes françaises de plus de 100 000 habitants « les plus embouteillées », avec plus de 40 % d'axes sur lesquels on roule à moins de 70 % de la vitesse autorisée. Pour établir son palmarès, l'hebdomadaire s'est appuyé sur les données du fabricant de GPS TomTom, qui a analysé depuis quatre ans « 2500 milliards de relevés de vitesse remontés anonymement » par ses utilisateurs.

Paris seulement en 13e position
« Les bouchons provoqués par les ponts » et « la présence encombrante des tramways » sont ainsi les deux « débuts d'explication » avancés par Auto Plus. Nantes, qui complète le podium avec Orléans et Toulouse, arrive ainsi largement devant Lyon (7e), Marseille (12e) et Paris (13e). « A Paris, ce n'est pas si dur de rouler intra-muros », explique François Tarrain, le journaliste qui a réalisé l'enquête du magazine. « L'enfer, en réalité, c'est la banlieue. »
La présence de Nantes en tête du palmarès constitue néanmoins pour lui « une énorme surprise ». « A trop vouloir développer les transports en commun, la ville a rogné sur l'espace nécessaire à la voiture », analyse-t-il.
Seulement voilà : c'est le but avoué de Nantes métropole, qui revendique sa politique de la « voiture apaisée ». « Si ça roule un peu moins, cela incite les gens à emprunter les transports en commun », s'agace un responsable de la communauté urbaine, qui voit en Auto Plus la voix du « lobby de la bagnole ». « Selon les chiffres de notre PC Circulation, collectés en cent points différents, la circulation a même tendance à s'améliorer depuis l'an passé. »