« Le microcrédit a de l'avenir »

Recueilli par antoine gazeau

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Jean-Yves Le Magueresse préside l'Udaf.
Jean-Yves Le Magueresse préside l'Udaf. — fabrice elsner / 20 minutes

Elle travaille déjà avec trois banques privées. Mais l'Union départementale des associations familiales (Udaf) s'associe depuis hier au Crédit municipal de Nantes pour son dispositif de microcrédit personnel garanti, permettant aux exclus des circuits bancaires classiques de financer un projet personnel...

Un partenariat avec un organisme public, ça change quoi ?
Pour les bénéficiaires, le spectre des possibilités s'élargit. Le Crédit municipal a une mission de solidarité que n'ont pas les banques commerciales, parfois frileuses avant de prêter.
Apportez-vous des garanties suffisantes ?
Oui. Pendant toute la durée du prêt, le bénéficiaire est accompagné par un travailleur social. On évite au maximum les accidents, on vérifie le bon déroulement des remboursements. Et les montants n'étant pas élevés, les banques n'ont pas plus de problèmes de recouvrement qu'avec les autres formes de prêt.
Cette nouvelle coopération vous apporte aussi un nouvel élan...
Il le faut. Le microcrédit devient de plus en plus pertinent. Il a de l'avenir – même si le nombre de personnes éligibles baisse, les plus précaires n'ayant même plus la capacité de rembourser. Sur plus de 300 dossiers instruits en 2009, une cinquantaine ont été reçus...
Vous élargirez-vous donc encore ?
Pour combattre le surendettement ?
Oui, avec une solution plus saine que des crédits à la consommation, par exemple. La loi sur le surendettement soigne, mais avec un effet culpabilisant. Mieux vaut gérer les dossiers en amont.

prévention

Acteurs des champs social et bancaire vont apprendre à mieux se connaître pour « mieux accompagner les publics fragiles » dans la gestion de leur budget. Une convention est signée aujourd'hui par le conseil général, l'Union départementale des CCAS et la fédération bancaire française. Dans la lutte contre le surendettement, ce serait une première en France.