Pleins phares sur le « brouillard informatif » des banques

Guillaume Frouin

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Il y a un an, les banques françaises s'étaient engagées à clarifier leurs frais et aider à la « mobilité bancaire ». Cet été, des « clients-mystère » de l'UFC-Que Choisir ont donc mené l'enquête* à Nantes, auprès de vingt-neuf d'entre elles, pour mesurer leurs progrès. Et ses résultats sont « accablants ». Des « hausses injustifiées » des tarifs ont en effet été observées depuis la dernière enquête, en 2004. A la Banque postale, même s'ils restent les moins chers du marché, les frais pour « incidents » ont ainsi flambé de + 48,9 %. Rien n'est fait, non plus, pour favoriser le changement de banque : contrairement à leurs engagements, 25 % d'entre elles ne mettent pas de brochures tarifaires à disposition dans leurs agences.

Un palmarès qui varie en France
« Ce brouillard informatif empêche toute comparaison », critique Hervé Le Borgne, président de l'association de consommateurs à Nantes. Certaines banques y auraient pourtant intérêt, pour gagner des parts de marché. « Elles préfèrent surtaxer leurs propres clients. Elles vivent grassement au détriment des plus défavorisés, qui gèrent mal leur budget, en leur facturant des incidents de paiement. » A noter que le podium des banques les moins chères (voir infographie) n'est pas le même partout en France, les prix de certaines variant selon leurs caisses régionales. Le palmarès ne tient pas compte non plus des banques en ligne, dont les parts de marché demeurent marginales. « Ce sont pourtant les plus offensives sur le plan commercial, car leur existence en dépend », souligne Hervé Le Borgne