« Nos conducteurs commencent à saturer »

Recueilli par Frédéric Brenon

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« Le plus compliqué ce sont les blocages »
« Le plus compliqué ce sont les blocages » — F. elsner / 20 Minutes

Voilà déjà un mois et demi que le réseau Tan est perturbé par diverses actions d'opposition à la réforme des retraites. Son directeur, Alain Boeswillwald, nous en livre les conséquences.

Comment gérez-vous

les différentes perturbations?
Pour les grèves du personnel on s'en sort, car on connaît à l'avance les participants, on peut s'organiser et informer les clients. Pour les manifestations, on a décidé de neutraliser tout un périmètre en centre-ville, histoire de minimiser les difficultés des bus. Le plus compliqué, car très difficile à anticiper, ce sont les blocages de voies ou de dépôt, comme on en a connu ce mardi matin. C'est rapidement la pagaille car cela touche d'un coup plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Que faire dans ce cas?
La solution de ce conflit ne nous appartient pas donc on n'a aucun moyen d'agir. On courbe l'échine tout en parant au mieux. On s'attaque au tramway car il a une valeur symbolique forte. Mais au final ce sont les voyageurs les plus pénalisés. Et ce ne sont pas les plus aisés qui utilisent les transports en commun.

Quel impact économique pour la Tan?
On verra en fin de mois, mais il est probable qu'il y ait une baisse de fréquentation. Cela doit se ressentir au niveau des clients occasionnels et on pressent aussi une montée de la fraude.

Envisagez-vous

d'indemniser les abonnés?
Pour l'instant, non. Nous n'avons d'ailleurs pas reçu beaucoup de réclamations. Notre obligation de service garanti a toujours été respectée et on ne peut pas nous faire payer le prix d'actions extérieures. Après, si jamais ça continuait encore un mois, on peut effectivement imaginer une mesure à caractère commercial. Mais ce serait à Nantes métropole d'en décider car, compte tenu du nombre d'abonnés, il y aurait un coût important.

Avez-vous déjà connu

pareilles difficultés?
Les mouvements contre le CPE (2006), c'était pire. Il y avait beaucoup de blocages d'étudiants et quelques dégradations aussi. Les actions sont plutôt calmes cette fois. Mais il ne faudrait pas trop qu'elles durent. Nos conducteurs et régulateurs commencent à saturer. On sent une grande fatigue nerveuse.