Les ouvriers roumains du BTP vivaient en « quasi-esclavage »

Guillaume Frouin

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Un couple d'entrepreneurs roumains du BTP ont été mis en examen pour « travail illégal » et « conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité humaine », a-t-on appris hier de source proche du dossier. Installés en France, ils sont soupçonnés d'avoir mis illégalement à disposition des dizaines de leurs compatriotes pour travailler sur des chantiers. Ces derniers vivaient « en situation de quasi-esclavage », d'après un gendarme, en étant « payés au lance-pierres » et « logés à trente dans des maisons de campagne ». « Ils dormaient dans les caves ou à même le sol », raconte ce dernier.
L'enquête, ouverte par un juge d'instruction de Nantes, a conduit mardi à des interpellations dans la région d'Ancenis, mais aussi à Bécon-les-Granits (Maine-et-Loire) et Coignières (Yvelines). Sept voitures ont été saisies, tout comme de l'outillage et du matériel informatique. Le préjudice aux organismes sociaux et fiscaux est « en cours d'estimation ».