L'agglo frappée par la pénurie d'essence

— 

« Tous ces automobilistes dans le besoin, c'est assez drôle, vous ne trouvez pas »? Assis sur sa bicyclette, Hervé contemple en souriant la file indienne de voitures qui s'étire du parking jusque sur le boulevard, perturbant du même coup la circulation. Au volant de leur véhicule, la trentaine de clients attendant derrière la station Intermarché d'Orvault-la Ferrière semblent, eux, moins amusés. Il faut dire qu'ils devront patienter jusqu'à près d'une demi-heure avant de pouvoir accéder à l'une des quatre pompes et découvrir que la consommation est limitée à 25 €. « Ça ne va pas suffire pour faire le plein, grimace Pascal. Je pense que je vais refaire la queue ». « C'est long mais bon, je suis pratiquement sur la réserve. J'aurais attendu deux heures s'il le fallait », avoue Jason.
Si cette station de quartier paraît si convoitée, c'est qu'elle était hier après-midi l'une des dernières encore ouvertes dans l'agglomération nantaise. Une trentaine de sites sont en effet en rupture de stock de carburants, notamment les grands centres commerciaux (Atlantis, Paridis, la Beaujoire, Beaulieu, etc.). La prise d'assaut des rares stations ayant du stock est devenue parfois surréaliste aux heures de pointe. Un bouchon de 500 m s'est ainsi formé sur la 2x2 voies à l'entrée sud de Nantes (aire de la Grassinière). A Saint-Herblain, il était même de deux kilomètres derrière une station Total. « C'est dingue, mais nous n'avons pas le choix, il faut bien aller travailler, observe Pascal. Mais que le gouvernement ne vienne pas nous dire qu'il n'y a pas encore de pénurie ! » Interrogée, la préfecture a reconnu hier de « réelles difficultés ».Frédéric Brenon