Double peine pour les démunis

Guillaume Frouin

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L'activité du centre de soins de Médecins du monde a augmenté depuis cet été.
L'activité du centre de soins de Médecins du monde a augmenté depuis cet été. — F. Elsner / 20 Minutes

L'hôpital relayé par la charité. Le centre de soins de Médecins du monde, dont la survie rue Fouré était menacée par une activité déclinante, a vu son nombre de consultations tripler depuis cet été. Au grand dam de l'ONG, qui y voit une conséquence de la politique sécuritaire de l'Etat, alors que se tient dimanche la « Journée internationale du refus de la misère ». « Les sans-papiers font preuve d'une grande méfiance à l'égard des institutions, ils croient qu'ils vont être fichés par le CHU », explique Philippe Jarrousse, délégué régional de l'association.

« Chasse policière » aux prostituées
De « deux à trois » personnes par jour, la permanence bi-hebdomadaire en accueille ainsi à présent « une dizaine ». Toutes y viennent consulter gratuitement un médecin, une infirmière ou une assistante sociale, et peuvent se voir donner des médicaments.
La « chasse policière » faite au « racolage » des prostituées africaines, selon Médecins du monde, a également eu des répercussions directes sur la santé de ces dernières. « Dans la rue, elles ont moins le temps de négocier les conditions de leur prestation avec leur client, comme l'usage du préservatif ou le lieu d'exercice », explique Irène Aboudaram, en charge de la mission auprès des personnes se prostituant. L'an passé, 153 sont venues la voir.

Pilori

Un rassemblement a lieu demain (15 h) à Nantes devant la préfecture « face à la xénophobie et la politique du pilori ». Il aura lieu en marge de la manifestation sur les retraites.