Raffinerie à l'arrêt, premières pompes à sec

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Cette fois, la menace est réelle pour les automobilistes : la production de carburant à la raffinerie Total de Donges est arrêtée depuis hier matin. Une très grande majorité de salariés a en effet cessé le travail dès 5 h afin de protester contre la réforme des retraites. Le mouvement, qui s'est accompagné de blocages ponctuels de camions-citernes aux entrées du site, pourrait être reconduit cet après-midi à l'issue d'une nouvelle assemblée générale. « Je suis sûr qu'on est capables de tenir longtemps, indique Christophe Huou, délégué CGT. Ça va être dur, surtout sur le plan financier, mais on tiendra bon. Les gars sont très motivés ».
En attendant, plusieurs stations-service de l'agglomération nantaise se sont retrouvées à sec dès hier matin. Certains points de vente ont même été contraints de fermer leurs portes aux clients. Un phénomène dû surtout, pour l'instant, à une distribution perturbée et à une consommation exceptionnelle des usagers. « La file d'attente ne s'arrête pas, c'est de la folie », constate la gérante de la station Elf-Tertre. « Le camion-citerne n'est pas passé paraît-il, peste un client devant la station Shell de la Route de Rennes. J'aurais dû prendre mes précautions comme tout le monde ».
Si le risque de pénurie existe, le syndicat CGT en rejette la responsabilité. « Ce n'est pas nous qui créons la pénurie, c'est la surdité du gouvernement, se défend Christophe Hiou. Il y a eu trois manifestations depuis le 7 septembre et ils n'ont pas écouté ».Frédéric Brenon