L'hôpital à l'écoute des victimes

Guillaume Frouin

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La salle d'audition, inaugurée hier, est opérationnelle depuis six mois maintenant.
La salle d'audition, inaugurée hier, est opérationnelle depuis six mois maintenant. — F. Elsner / 20 Minutes

Un traumatisme en moins. Les enfants victimes d'agressions sexuelles ou physiques témoignent désormais dans une salle du CHU de Nantes, et non plus au commissariat de police ou à la gendarmerie. Leur audition y est enregistrée par une petite caméra, pour être transmise au juge d'instruction ou diffusée devant une cour d'assises. Une sorte de « procès-verbal filmé », donc, dans un cadre moins impressionnant, pour « éviter que les enfants répètent des faits innommables ou douloureux pour eux », explique Xavier Ronsin, procureur de la République de Nantes.

Questions soufflées par oreillette
L'interrogatoire de l'enfant se fait ainsi dans de petits canapés, au milieu de jouets et de livres. Des poupées peuvent lui être proposées pour qu'il désigne les parties intimes où il a été abusé. Dans le même temps, derrière une vitre sans tain, un enquêteur au courant des faits reprochés souffle à son collègue, équipé d'une oreillette, les questions qu'il souhaite voir posées. Les gendarmes, quand il s'agit d'eux, ne tombent toutefois pas l'uniforme pour l'occasion. « Ce n'est pas un obstacle », assure Anne Groleau, assistante sociale à l'hôpital de Saint-Nazaire, où une telle salle existe depuis dix ans. « Les enfants qui ont vécu un tel traumatisme ne veulent pas se confier à n'importe qui. L'uniforme les rassure. »

Chiffres

La salle d'audition, située en pédiatrie, a été inaugurée hier mais est opérationnelle depuis six mois. Plus de 100 enfants y ont été entendus, dont 66 pour des maltraitances sexuelles.