Les collèges et lycées se sécurisent en toute discrétion

antoine gazeau

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« Les caméras sont dissuasives », assure Gérard Rochereau. La Colinière, à Nantes, avait déjà réalisé des travaux avant son diagnostic.
« Les caméras sont dissuasives », assure Gérard Rochereau. La Colinière, à Nantes, avait déjà réalisé des travaux avant son diagnostic. — fabrice elsner / 20 minutes

Il anticipe et imagine des embûches là où personne n'en voit. C'est son métier.

érard Rochereau désigne un passage, entre le collège et le lycée de la Colinière, à Nantes : « Si des collégiens sortent en courant, c'est dangereux. Il faut faire ralentir les véhicules. » L'ex-gendarme de Saint-Herblain est devenu « conseiller sécurité auprès du recteur de l'académie de Nantes », en janvier dernier. Une nouvelle fonction pour un nouveau dispositif gouvernemental : le diagnostic de sécurité, sorte d'état des lieux exhaustif de toutes les améliorations à apporter en la matière dans les établissements...
Dans la région, l'homme a recruté six gendarmes, trois policiers et un pompier, tous en fin de contrat. Ils sont devenus agents d'équipes mobiles de sécurité et passent les préaux au crible. C'est un grillage, toujours à la Colinière, que vise maintenant l'inspecteur des travaux pas commencés : « Il peut être coupé. Il faudrait organiser des rondes pour en surveiller l'état ». Ici, pas de grande surface aux alentours, c'est une chance : « Elles accroissent les risques de vols et la consommation d'alcool. En général, on suggère un partenariat avec le magasin ». A chaque « problème », une solution est proposée. Un portail électrique ? Un bon point. Oui c'est un métier.

Formés à la gestion de crise
Depuis début octobre, le diagnostic a été rendu à la Colinière, comme dans les 355 autres collèges et lycées publics de la région. Leurs homologues privés subissent en ce moment le même sort. Une alarme incendie qui fonctionne mal, une fenêtre non sécurisée, un accès direct au tram qui supporterait bien la pose d'une barrière, comme au lycée Arago, tout est consigné. A charge ensuite, pour les chefs d'établissement, de prendre des mesures. Ou de commander des travaux aux conseils généraux et régionaux... « On repassera en 2011 », promet « Monsieur Sécurité ».
érard Rochereau sait qu'il incarne un virage. « Plus aucun endroit n'est sanctuarisé. On a réalisé que l'extérieur pouvait beaucoup apporter. » Les équipes mobiles de sécurité sont d'ailleurs formées à la gestion de crise, et épaulées au besoin par des « équipes pluridisciplinaires » : trente-six volontaires sont recrutés dans le rectorat, « prêts à intervenir en cas d'agression ».
Aux côtés de l'ex-gendarme, Catherine Ferrer opine du chef. Agent d'accueil à La Colinière, elle a l'œil sur quatre écrans de contrôle. Elle trouve la vidéo-protection « confortable », Gérard la considère « dissuasive » : « On préconise souvent des caméras et on n'enregistre aucun veto pour le moment ».
C'est sur ce point que Philippe Cadoret, président régional des parents d'élèves FCPE, est sceptique : « Des caméras, pourquoi pas. Mais les jeunes ont surtout besoin d'adultes pour les encadrer. Or, le nombre de surveillants continue de baisser ! » Il croit comprendre : « Le budget amputé n'est pas le même... »

efficacité

Chaque établissement dispose d'un « correspondant sécurité-école », un policier ou gendarme référent, qui participe d'ailleurs aux diagnostics de sécurité. Il échange des informations avec la direction. Il doit aussi prévoir des actions de prévention sur les toxicomanies, le racisme, le sexisme, le racket ou la violence.