Le droit à une « deuxième chance »

antoine gazeau

— 

Sur l'île de Nantes, 24 stagiaires viennent d'intégrer l'Ecole de la deuxième chance.
Sur l'île de Nantes, 24 stagiaires viennent d'intégrer l'Ecole de la deuxième chance. — fabrice elsner / 20 Minutes

Pause clope. Comme au lycée. Sauf qu'à bientôt 20 ans, Antoine les a quittés depuis mars 2008, les bancs de l'école... « J'ai redoublé ma troisième, tenté plusieurs lycées, puis une école d'art que j'ai quittée. J'ai pris une année sabbatique... » Le jeune Nantais est « déscolarisé » mais adorerait être infographiste. Sa mère a trouvé un bon plan sur le web : il a intégré la rutilante Ecole de la deuxième chance de l'Estuaire de la Loire, la 25e à ouvrir en France, la première dans la région, financée par les collectivités et l'Etat.

Pas de test écrit, ni de diplôme
La rentrée, c'était cette semaine. Des jeunes de 18 à 30 ans sont suivis individuellement et en alternance en entreprise. Vingt-quatre stagiaires ont été sélectionnés sur une centaine, mais « tous les recrutements sont assurés pour l'année, à raison de douze élèves par mois », indique Muriel Trébaol, coordinatrice pédagogique. Le seul critère : la motivation. Pas de test écrit, ni de diplôme requis, au contraire : il faut avoir quitté l'école depuis au moins trois ans. « C'est le même public que dans le circuit classique, mais à un moment différent », résume Gérald Chaix, recteur d'académie. Gaël, 20 ans, trouve « cette chance extraordinaire ». Il parle breton, français, anglais et espagnol, est « hyper motivé » pour intégrer une agence de com'. « Ici, rien ne me freine ! » C'est le but.

de pire en pire

Selon une étude de 2008, près de 4 000 jeunes de Nantes et Saint-Nazaire étaient en rupture d'insertion professionnelle et sans qualification. La situation s'est a priori empirée en 2009.