À Angers, la bonne santé du CHU tape dans l'œil des autorités

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Au service d'ophtalmologie, 96 % des patients sont hospitalisés dans la journée, ce qui évite au CHU des frais d'hébergement la nuit.
Au service d'ophtalmologie, 96 % des patients sont hospitalisés dans la journée, ce qui évite au CHU des frais d'hébergement la nuit. — Fabrice Elsner / 20 Minutes

La « performance » est saluée par la chambre régionale des comptes. A Angers (Maine-et-Loire), les comptes de l'hôpital public sont à l'équilibre, alors qu'ils accusaient 4 millions d'euros de déficit avant 2005. Pour réussir cette prouesse, dont seuls cinq des trente-deux CHU français peuvent se vanter, la direction a notamment négocié des « contrats » dans ses quatorze pôles : des personnels et des matériels supplémentaires sont accordés pour des projets bien spécifiques, en échange d'une maîtrise des dépenses de médicaments ou d'actes de radiologie. « Un audit est fait quand le projet est présenté, explique Yvonnick Morice, directeur général du CHU d'Angers. S'il ne tient pas la route financièrement, on ne le fait pas. »
Au service d'ophtalmologie, 96 % des patients se font ainsi opérer dans la journée, contre 20 % il y a trois ans. L'hôpital n'a ainsi plus à assurer d'hébergement la nuit ou le week-end. « On l'a aussi fait car c'est ce que préfèrent les patients », insiste Dan Milea, le chef de service, qui a démissionné de Copenhague (Danemark) quand ce poste à Angers s'est libéré il y a un an. « Le service a ici une réputation européenne », explique ce Français de 45 ans. « Nous avons ici la Rolls de la chirurgie oculaire, ainsi qu'un appareil de dernière génération pour observer la rétine des patients. Peu d'hôpitaux aux Etats-Unis en ont un. » Le service multiplie également les publications dans les revues scientifiques. « Les dotations de l'Etat sont proportionnelles à leur nombre et à leur qualité », rappelle Dan Milea.
En développant ainsi son activité, le CHU d'Angers (qui compte 5 900 agents) dit ainsi avoir créé 300 emplois en trois ans. « Proportionnellement, les effectifs n'ont pas autant augmenté que l'activité », remarque néanmoins Marie-José Faligant (CGT), qui parle de « sous-effectifs généralisés ». Les usagers paient aussi le prix de la bonne santé du CHU, selon elle. « Avec quatre aides-soignantes pour trente patients, il n'y a pas de toilette tous les jours dans certains services pour personnes âgées », affirme Marie-José Faligant. « Au service des comas végétatifs, ils ont même remplacé les infirmières de nuit par des caméras de vidéosurveillance. C'est sûr, les patients ne vont pas s'échapper, mais bon... »