Reprendre avant d'entreprendre

antoine gazeau

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A Saint-Etienne-de-Montluc, la carrosserie « Bézier-Lalande » emploiera deux salariés.
A Saint-Etienne-de-Montluc, la carrosserie « Bézier-Lalande » emploiera deux salariés. — Fabrice elsner / 20 Minutes

Il voulait se mettre à son compte : salarié chez un concessionnaire luxueux de Sautron, Eric Lalande s'est alors tourné vers la chambre des métiers et de l'artisanat (CMA). Eux prenaient une retraite pas volée, après avoir fait tourner leur carrosserie pendant 31 ans, à Saint-Etienne-de-Montluc ; les époux Bézier ont, eux aussi, sollicité la CMA. Tous ont eux du nez : l'organisme met tout en œuvre, depuis quelque temps, pour faciliter les reprises d'entreprises artisanales.

« Le chiffre d'affaires ne dit pas tout »
En Loire-Atlantique, 30 % des chefs d'entreprise ont plus de 50 ans, 15 % plus de 55 ans. « Souvent, ils ont le sentiment que leur structure ne peut pas être cédée », déplore Jean-Claude Choquet, président de la CMA. Résultat : sur les 1 500 entreprises lancées chaque année, un peu plus de 300 seulement correspondent à des transmissions. « Elles sont rares dans le bâtiment : les gens travaillent souvent chez eux. » Et ce secteur regroupe plus de 45 % des artisans.
Alors, la profession met les bouchées doubles. La CMA multiplie les réunions d'informations : cinq dates seront posées dans le département d'ici deux mois. « Il faut sensibiliser, continue le président. Les artisans pensent souvent que c'est très compliqué. ça peut être simple, et ça permet d'investir jusqu'au bout. » Depuis trois ans, Acte 44, une association d'ex-chefs d'entreprises, aide d'ailleurs au diagnostic et à la transmission. Elle prend le temps : « Le chiffre d'affaires ne dit pas tout d'une situation... »
« Ce travail rassure sur la viabilité de la carrosserie », se félicite Eric Lalande, le jeune repreneur stéphanois. En novembre, son entreprise deviendra la carrosserie « Bézier-Lalande »...