De plus en plus de clients achètent le muscadet directement chez le vigneron.
De plus en plus de clients achètent le muscadet directement chez le vigneron. — F. Elsner / 20 Minutes

Nantes

L'œnotourisme s'empare du vignoble nantais

Économie Les producteurs multiplient les efforts pour séduire la clientèle et diversifier leurs ventes

La tendance est palpable depuis peu : l'œnotourisme, sous toutes ses formes, séduit les producteurs du muscadet. Chambres d'hôte, salles à louer, visites et dégustations… Les initiatives fleurissent, y compris en pleine période de vendanges comme aujourd'hui. « Leur qualité se développe à grande vitesse », confirme Anne-Sophie Lerouge, à l'Interprofession des vins de Loire (Interloire). Comme 51 confrères du vignoble, Joëlle Gouraud et Xavier, viticulteurs à Mouzillon, appartiennent au réseau des Caves touristiques créé en 2006. Une aubaine pour eux: « Personne ne repart sans bouteille », sourit Joëlle. Et le panier moyen est souvent supérieur à 100 €.

Fréquentation en plein boom
Alors les Gouraud, convaincus des bienfaits de l'œnotourisme, font leur pub. Ils sont présents aux Rendez-vous de l'Erdre, aux Heures d'été, accueillent les groupes au caveau, partagent leur passion. Xavier sert un rubis de la sanguize 2005. « Les visiteurs ne viennent pas pour poser des questions techniques mais pour déguster le vin et rencontrer son producteur. Quand ils le boivent ensuite chez eux, ils se revoient dans cette cave… »
« On faisait de l'œnotourisme depuis dix ans sans le savoir, explique Florence Forgeau, elle aussi installée à Mouzillon. Mais depuis trois ans, on intensifie le rythme. » La vente directe représente désormais la moitié de sa récolte, contre « environ 20 % il y a dix ans ». Son caveau arbore, entre autres, les outils du tonnelier qu'était le grand-père de Joël, son époux. Des pressoirs miniatures, aussi. Et des bonnes bouteilles : « Ici, on vend du plaisir. »
Terroir, nature, convivialité… Le cocktail est efficace. « La fréquentation des caves a augmenté de plus de 20 % entre 2008 et 2009 », précise Interloire, qui a créé le premier observatoire français de l'œnotourisme. Autre signe : la septième édition de Vignes, vins et randos a récemment accueilli près du double de participants par rapport à l'an passé ! La plupart étaient des locaux, comme dans les caves. « Peu à peu, les Nantais se réapproprient le vignoble », continue la responsable de l'interprofession. Elle verra ensuite plus loin : ici, « seulement » 20 % du budget des œnotouristes est consacré au vin. Contre 26 % dans les autres vignobles français.

Label

« Vignoble et découverte »,c'est le nom d'un nouveau label qui devrait voir le jour en 2011.A l'instar de ce qui existe dansle coteau du Layon, il réunirait plusieurs prestataires qui imagineraient ensembleune offre globale pour satisfaire l'œnotouriste.