Premiers blocages sur l'autoroute de la mer

Guillaume Frouin

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Les dockers voulaient rappeler à Dominique Bussereau ses « promesses non tenues ».
Les dockers voulaient rappeler à Dominique Bussereau ses « promesses non tenues ». — F. Elsner / 20 Minutes

Le panache de fumée se voyait à des kilomètres à la ronde. Dominique Bussereau et son homologue espagnol ont préféré rebrousser chemin, hier matin, alors que 300 dockers bloquaient par des pneus brûlés les accès au terminal de Montoir-de-Bretagne. Le secrétaire d'Etat aux Transports y était attendu pour l'inauguration de la première « autoroute de la mer » franco-espagnole, qui espère transporter d'ici cinq ans 100 000 camions sur des ferrys entre Saint-Nazaire à Gijón (au nord-ouest de l'Espagne). Objectif : décongestionner le trafic routier dans les cols pyrénéens.

Consternation des élus locaux
« Nous ne sommes pas contre les autoroutes de la mer, nous soutenons au contraire le développement portuaire », insiste Yves Tual, secrétaire général de la CGT du port de Nantes - Saint-Nazaire. Les grévistes voulaient surtout rappeler à Dominique Bussereau ses « promesses non tenues » dans le cadre de la réforme portuaire, et réclamer des départs à la retraite anticipés compte-tenu de la pénibilité de leurs métiers. Reste que le blocage de l'inauguration a suscité la consternation des politiques locaux. « Après la tentative de blocage d'un paquebot en mars, au pire moment des difficultés des chantiers navals, un tel comportement archaïque et inconséquent est inacceptable », a fustigé le sénateur (UMP) André Trillard.
« C'est une action fort mal venue, particulièrement dommageable à l'image du port et au lancement de cette liaison », acquiesce le président (PS) du conseil général, Patrick Mareschal. L'inauguration, privée de ses officiels, s'est finalement faite en catastrophe, devant la haie de thuyas d'un hôtel de la zone commerciale de Trignac.