Jugé au civil, Benméziane risque gros

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L'audience avait été reportée à de multiples reprises. Le procès au civil de Sami Benméziane, cet instituteur d'Indre qui avait blessé un policier lors d'une manifestation d'enseignants en juin 2008 au rectorat, s'est finalement tenu vendredi, soit plus de deux ans après les faits. Condamné au pénal à une amende de 500 € avec sursis en mars 2009, cet homme de 44 ans risque bien plus gros au civil : les parties civiles lui réclament 31 000 € de dommages et intérêts. L'Etat veut en effet se voir rembourser les salaires du policier blessé au cours de la manifestation. Or ce dernier, qui avait eu le doigt cassé, avait été arrêté sept mois.
« Ces sommes sont exorbitantes et sans aucun rapport avec les faits », dénonce le comité de soutien à Sami Benméziane. « Il faut voir dans cet acharnement la volonté du gouvernement de frapper durement les acteurs du mouvement social, y compris financièrement. » Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 19 novembre.