Plage horaire variable à La Baule

Guillaume Frouin

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Les marchands de glaces ambulants de La Baule sont payés en fonction de leurs ventes.
Les marchands de glaces ambulants de La Baule sont payés en fonction de leurs ventes. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

Etaler de la crème solaire sur les touristes, les pieds dans le sable, pour 5 000 € bruts les six semaines de 35 heures : voilà le job d'été rêvé que vont commencer demain Maksim et Estelle sur la plage des Sables-d'Olonne (Vendée). Ces deux étudiants de 19 et 22 ans sont en effet les deux « creamers » recrutés par l'office du tourisme local parmi 700 autres candidats, à la suite d'un concours organisé sur Internet au printemps. Mais tous les saisonniers n'ont pas cette chance.

« On est un peu exploités »
Sur la plage de La Baule, Laurène, 18 ans à peine, est ainsi payée au Smic « 41 heures par semaine, pour 48 réellement effectuées ». Cette animatrice de club de plage a déjà prévu de se reconvertir fissa en serveuse dans une crêperie. Elle n'envisage pas pour autant de redevenir marchande ambulante de glaces, comme l'été dernier. « On n'a pas de contrat, et on est quand même un peu exploité. Comme on touche 30 % de nos ventes, il faut vendre au moins 300 € de glaces dans l'après-midi pour tirer un revenu correct. » Résultat : de quarante saisonniers au début de la saison, son employeur n'en avait plus, à la fin, que huit.
Des mésaventures que connaissent bien Joris et Etienne. Tous deux font partie de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), une association qui informe les saisonniers de leurs droits depuis cinquante-cinq ans à La Baule. « Beaucoup de jeunes cherchent un job ici simplement pour passer des vacances gratuites », explique Joris, étudiant en physique de 21 ans. « Ils acceptent n'importe quoi, ce qui porte préjudice à tous les saisonniers. » L'an passé, 164 jeunes sont venus de plaindre auprès de la JOC bauloise.

travail au black

La CFDT met en garde les saisonniers contre le travail au noir. « Cela paraît intéressant financièrement, mais c'est contre-productif car ces heures ne sont pas enregistrées », explique Thierry Capitaine, responsable de l'union locale de Saint-Nazaire. « En plus, en cas d'accident, il n'y a pas de couverture. »