Danger aux barrières des corail

Guillaume Frouin

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Le passage à niveau de Sainte-Pazanne est jugé « préoccupant » par RFF.
Le passage à niveau de Sainte-Pazanne est jugé « préoccupant » par RFF. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

C'est ici, en quelque sorte, que tout a commencé. A Sainte-Pazanne, le passage à niveau n° 53 a été le premier, en 2007, à faire l'objet d'une opération de sécurité routière de la part de Réseau ferré de France (RFF). Depuis, l'opération locale a été généralisée en 2008 à toute la France… et cette année à la planète entière : quarante pays vont prendre part aujourd'hui à la première « Journée mondiale de sécurité routière aux passages à niveau ».

Un radar fixe installé l'an prochain ?
Situé sur l'axe Nantes-Noirmoutier, où transitent chaque jour 6 000 voitures, ce passage à niveau a vu plusieurs fois ses barrières voler en éclats : peu visible, il se trouve trente mètres avant l'intersection avec la route de Machecoul, où veulent tourner de nombreux automobilistes. Surprenant, au passage, ceux qui arrivent trop vite derrière… Il y a trois ans, des flyers avaient ainsi été distribués, et des contrôles de vitesse (sans verbalisation) avaient été faits par les gendarmes. « L'expérience avait été très positive : beaucoup d'habitants nous disaient avoir eu un oncle, un cousin ou un frère qui avait failli avoir un accident ici », se souvient Thierry Coutant, responsable régional du dossier chez RFF.
Depuis trois ans, une « réflexion » est donc « en cours » pour déplacer le carrefour de la route de Machecoul. « On réfléchit aussi à installer un radar fixe l'an prochain », indique Thierry Coutant. Reste que ces délais demeurent « très longs » pour Bernard Morilleau, le maire (sans étiquette) de Sainte-­Pazanne. « Il y a toujours un peu d'impatience chez les habitants », souffle l'édile, qui se montre lui compréhensif. Il sait en effet que la suppression d'un passage à niveau coûte cher : de 3 à 10  millions d'euros, payés pour moitié par RFF. Charge, ensuite, aux communes et au conseil général de payer le reste. Ils peuvent toutefois compter en Pays de la Loire sur le conseil régional, qui a décidé de mettre la main à la poche alors que rien ne l'y oblige.

Chiffre

Six passages à niveau « préoccupants » ont été supprimés en Pays de la Loire depuis six ans par Réseau ferré de France. Il en reste encore 9, sur les 1 175 que compte la région, dont 4 en Loire-Atlantique.