« Ici, les gens sont habitués aux pollutions »

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«Un nouveau protocole d'information pour les écoles a été mis en place avec la mairie en ce début d'année

Maintenant, ce sont les services de la police municipale qui viendront nous prévenir en cas de pollution au dioxyde de soufre

» Directrice de l'école primaire la Pommeraye, à Donges, Françoise Fresneau se réjouit de cette nouvelle mesure

Jusqu'à présent, les écoles de la commune étaient alertées par fax

Elles recevaient parfois l'information trop tardivement pour empêcher les « activités physiques qui demandent une ventilation importante »

En cas de dépassement du seuil d'alerte, les récréations sont d'ailleurs supprimées

« Sans dramatiser les choses, il est néanmoins indispensable pour nous de connaître la conduite à tenir », insiste Françoise Fresneau

La maison de retraite, quant à elle, recevra également la visite des policiers municipaux en plus des fax de la Drire

Mais les mesures sont plus limitées, car « les personnes âgées sortent peu »

« On fait quand même attention à celles qui ont des problèmes respiratoires », ajoute-t-on à la résidence

Dans les rues du centre du village, les passants expriment des sentiments variés

Il y a les fiers : « Sans la raffinerie on ne parlerait jamais de Donges »

Les incommodés : « On n'a pas besoin des seuils d'alerte, on le sent quand il y a beaucoup de dioxyde, ça pique la gorge

» Les fatalistes : « Ben on fait avec, on n'a pas trop le choix »

Et les revendicatifs : « Avec l'argent que gagne Total, ils pourraient quand même être capables d'éviter ces pollutions ! » Du côté de la mairie, lors des dépassements de seuil, on reçoit peu de demandes de renseignements

« Vous savez, ici, les gens sont habitués et beaucoup de personnes travaillent même à la raffinerie », explique Alain Morice, adjoint au maire chargé des questions d'environnement

Jérôme Jolivet