la discrète « chapelle des minimes » en pleine résurrection

Julien Ropert

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De la charpente aux combles, l'ancienne chapelle des minimes fait peau neuve. Réouverture prévue début 2011.
De la charpente aux combles, l'ancienne chapelle des minimes fait peau neuve. Réouverture prévue début 2011. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

C'est l'un des trésors cachés de Nantes. Au bout des pavés de la rue Malherbe, près du cours Saint-Pierre, la petite chapelle de l'Immaculée Conception est l'un des rares édifices gothiques de la ville. Construite entre 1470 et 1481 sur ordre du Duc François II, père d'Anne de Bretagne, elle a longtemps accueilli les Minimes, un ordre mendiant proche des Franciscains. Ce qui lui a d'ailleurs valu son autre nom de « chapelle des Minimes ». Mais le faste y a parfois fait quelques apparitions, à l'image du mariage du frère de Louis XIII, Gaston d'Orléans, qui s'y est marié en présence du roi et du Cardinal de Richelieu.
Agrandi au XVIIe siècle, reconverti en tannerie, en atelier de serrurerie et en hangar à fourrage à l'époque révolutionnaire, puis racheté par l'évêché en 1849, l'édifice s'était fortement dégradé, et le diocèse s'affaire depuis 1993 à la rénover. Des travaux encadrés par l'architecte du patrimoine Pascal Filatre, dévoué à sa mission, et, à vrai dire, un peu amoureux du lieu. « Ça fait maintenant 17 ans que je travaille sur ce projet. Cette chapelle est exceptionnelle, inestimable pour une ville comme Nantes. Au départ, il fallait surtout la sauver, elle était très abîmée. »

Un « pourrissoir » retrouvé
Après des travaux d'urgence en 1995, la charpente et les voûtes ont été rénovées entre 2002 et 2004. Et depuis l'automne dernier, d'importants travaux ont été lancés pour près de 1,2 million d'euros, entièrement aux frais du diocèse. Des fouilles archéologiques ont donc été conduites dans l'édifice, et ont permis quelques découvertes. « Nous avons trouvé un caveau principal, devant l'autel, de grands caveaux du XVIIe et un « pourrissoir », un caveau commun où étaient déposés les corps des moines dont on a extrait des ossements », énumère Pascal Filatre. Des découvertes qu'il compte bien mettre en valeur. « Notre idée est de faire des fenêtres archéologiques sur les restes les plus importants. Il s'agira de vitres sur lesquelles on pourra marcher, et de lumières. Nous souhaitons avoir une vraie pédagogie archéologique, et il y aura un marquage au sol des anciens murs du XVe siècle avec un dallage en schiste pour les murs, et des pierres blanches pour le passage des murs. »
Le chantier, interdit au public, est loin d'être achevé. Il faudra encore installer un réseau électrique pour chauffer et éclairer l'édifice, reculer l'autel à sa place initiale et, si les fonds sont réunis, installer un orgue. Ensuite seulement, la chapelle des minimes pourra reprendre vie.

Folle journée

La chapelle de l'Immaculée conception devrait rouvrir ses portes au public début 2011. « Sa dimension première sera cultuelle, précise le père Denis Moutel, vicaire général du diocèse. On la dénaturerait si ce n'était pas le cas. » Mais l'édifice devrait aussi accueillir des concerts de musique sacrée. La chapelle peut recevoir jusqu'à 300 personnes et dispose d'une acoustique exceptionnelle. Le directeur artistique de la Folle Journée, René Martin, a ainsi récemment visité le lieu.