à La Faute-sur-Mer, les commerçants appréhendent la saison

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A La Faute-sur-Mer (Vendée), hôteliers et restaurateurs s'accordent à dire que l'impact médiatique de la tempête Xynthia n'aura pas d'incidence sur la saison estivale. Station balnéaire populaire, la commune est en effet fréquentée par un public d'habitués, qui reviennent immanquablement d'une année sur l'autre. Ce qui inquiète plutôt les commerçants, c'est la fermeture partielle ou totale des campings de la commune. Le plus emblématique d'entre eux, le camping municipal la Côte de lumière, a été définitivement évacué sur ordre du préfet. De cette petite « ville dans la ville », par où transitaient près de 2 000 personnes chaque été, il ne reste plus aujourd'hui que des monticules de terre mêlée à des débris de bois ou de métal.
« Déjà, les années précédentes, les capacités d'hébergement de la commune étaient saturées les mois d'août », grimace Christian, 52 ans, qui fabrique ses glaces maison depuis trente ans sur l'avenue de la Plage. « Les gens étaient obligés de loger à 15 ou 20 kilomètres à l'intérieur des terres… Avec la fermeture des campings, ça ne va faire qu'empirer les choses. » A deux pas de sa boutique, Alain est lui aussi « assez pessimiste ». « Les habitants des 700 maisons appelées à être détruites vont aussi manquer », redoute ce marchand de gaufres et chichis de 61 ans. « Il y a aussi beaucoup de maisons qui ne seront pas prêtes pour être louées. »
Pour voir revenir les touristes, La Faute-sur-Mer veut donc croire à ses atouts naturels. Mais pas seulement. « On a des plages de sable fin parmi les plus belles de France », rappelle Pierre, 71 ans, qui essuie des verres derrière le comptoir de l'hôtel-restaurant de la Plage, un petit établissement situé à 300 mètres de l'océan Atlantique. « Et puis, il y a ici un côté familial qu'on ne retrouve pas partout : à La Faute, on a des prix encore abordables par rapport à d'autres coins de France. En temps de crise, ça peut jouer. »