Nantes

Une campagne avant les vacances à la mer

Économie La côte atlantique veut rassurer les touristes, après le passage de la tempête Xynthia

Elle va s'étaler dans les couloirs du métro parisien ou dans la presse nationale. Deux mois après le passage de la tempête Xynthia, et à deux mois du début des vacances scolaires d'été, une campagne publicitaire d'envergure va chercher à partir d'aujourd'hui à redorer l'image de la côte atlantique auprès des touristes. Se voulant « positive et colorée », elle a été co-financée par les conseils régionaux des Pays de la Loire et de Poitou-Charentes, deux régions où les inondations ont été les plus meurtrières : vingt-neuf morts dans les environs de La Faute-sur-Mer (Vendée) et douze dans le secteur de Charron (Charente-Maritime).

Une campagne d'un million d'euros
« Au-delà de la solidarité et de la compassion, il était nécessaire de mettre en œuvre des perspectives pour la saison estivale », justifie Jacques Auxiette, président (PS) du conseil régional des Pays de la Loire, qui a investi 800 000 € dans cette campagne, soit 75 % de son coût total. « On souhaitait une campagne sereine et confiante, qui ne fasse pas directement référence à la catastrophe et qui ne dramatise pas la situation », complète Pierre-Yves Legrand, en charge du tourisme à la société d'économie mixte du conseil régional. Au final, l'allusion se veut implicite à travers le slogan de la campagne : « Notre littoral reprend des couleurs, et ça vous va bien ». Les images, elles, montrent des endroits bien connus des touristes de la région  : la plage de Pornic, mais aussi celles des Sables d'Olonne (Vendée) ou de l'île de Ré (Charente-Maritime).

Un enjeu économique majeur
Au-delà des simples questions d'image, l'enjeu est aussi économique pour la région. Le tourisme, qui draine 20 millions de visiteurs chaque année en Pays de la Loire, représente en effet 10 % de l'économie régionale. Et un tiers de ce revenu provient des 450 km de côtes. « Les réservations, qui avaient été bloquées pendant un mois après la tempête, ont aujourd'hui repris à un rythme normal », observe Pierre-Yves Legrand. « Pour l'instant, elles semblent au même niveau que l'an passé, qui était une bonne année. Le mois d'avril a même été plutôt bon. Mais tout cela reste très fragile : depuis quinze jours, il semblerait qu'il y ait un nouveau coup d'arrêt. »

Plan

La campagne de promotion touristique est l'une des vingt mesures du « Plan Tempête » régional voté juste après la catastrophe. D'un montant initial de 10 millions d'euros, il avait été porté finalement à 20 millions d'euros. Ce Plan prévoyait notamment l'attribution de 500 000 € aux familles sinistrées pour les besoins de première nécessité, ou encore le financement auprès des communes d'emplois-tremplin de six mois pour prendre le relais des bénévoles. Mais sa majeure partie demeure réservée à la participation de la région au programme national de réhabilitation des digues.