RER métropolitain : Johanna Rolland veut une « réalisation rapide » du projet à Nantes

TRANSPORTS La présidente de Nantes métropole est favorable au développement d’un service cadencé de type RER. Le conseil régional souligne l’inconnue de son financement

Frédéric Brenon
— 
Un TER des Pays-de-la-Loire en gare de Nantes (illustration).
Un TER des Pays-de-la-Loire en gare de Nantes (illustration). — F.Elsner/20 Minutes
  • Dimanche soir, Emmanuel Macron a annoncé vouloir développer veut développer le RER « dans dix métropoles françaises ».
  • Nantes, qui pourrait figurer parmi les métropoles retenues, n’était pas très avancée sur ce projet réclamé depuis longtemps par des associations.
  • Les collectivités se disent prêtes à envisager ce RER, à condition que l’Etat participe de manière significative au financement.

L’annonce par Emmanuel Macron de voir se développer des « RER métropolitains » dans les dix grandes métropoles françaises a suscité de nombreuses réactions lundi à Nantes. Pourtant, si un projet similaire de train inter-urbain à cadencement rapide est réclamé depuis plusieurs années par des associations d’usagers des transports (Fnaut, Mobilitains...), ni Nantes métropole, géré par le PS et EELV, ni le conseil régional, présidé par Les Républicains, n’avaient véritablement avancé sur le sujet. Les discussions concrètes entre les deux collectivités compétentes vont-elles démarrer ?

« L’annonce d’Emmanuel Macron va dans le bon sens. Elle rejoint ma volonté de créer un réseau TER Express à l’échelle de l’étoile ferroviaire nantaise », a réagi lundi soir Johanna Rolland (PS), maire de Nantes. La présidente de la métropole précise avoir écrit à Elisabeth Borne, Première ministre, pour souhaiter une « réalisation rapide », en collaboration avec l’Etat et la région.



« Quel financement de l’Etat ? »

Joint par téléphone un peu plus tôt, son vice-président en charge des déplacements semblait moins pressé. « Il faut qu’on discute tranquillement avec la région », indique Bertrand Affilé (PS). Convaincu par la pertinence du projet de RER, l’élu herblinois l’est moins par sa faisabilité financière. « Évidemment qu’un RER serait une bonne idée pour les habitants, considère-t-il. Mais qu’est-ce que l’Etat propose comme financement ? Nous aurons besoin d’être accompagnés. » Bertrand Affilé, qui rappelle que Nantes métropole investira un milliard d’euros en faveur des transports sur le mandat 2020-2026, fait valoir qu’un projet de RER nécessiterait de « nouvelles infrastructures », des « voies ferrées », en particulier « à l’ouest et au sud » de l’agglomération, sans oublier des rames supplémentaires.

De son côté, le conseil régional des Pays-de-la-Loire, autorité organisatrice des TER, affirme, lui aussi, accueillir « très favorablement » l’annonce d’Emmanuel Macron. Mais il s’interroge sur « les coûts d’investissements nécessaires mais aussi les coûts de fonctionnement ». « Cela implique nécessairement de se poser la question du financement du ferroviaire et d’en repenser le modèle », insiste Roch Brancour (LR), vice-président de la région en charge des mobilités.


Un projet de RER mettrait au moins une dizaine d'années à voir le jour. Roch Brancour ajoute, prudent : « Les RER métropolitains ne sont pas l’alpha et l’omega de la mobilité en Pays-de-la-Loire. Il s’agit d’une solution de mobilité qui est en pleine complémentarité des offres existantes et à venir ».

Hors de Nantes, certains projets de RER métropolitains sont déjà avancés, notamment à Bordeaux et à Strasbourg.