Nantes : Avez-vous entendu les cloches ? Pourquoi les églises vont sonner ensemble chaque soir

Culture Un concert de cloches est joué jusqu’au 1er janvier dans les rues de Nantes, dans le cadre de la première édition du Voyage en hiver

Julie Urbach
Les cloches de la basilique Saint-Donatien à Nantes.
Les cloches de la basilique Saint-Donatien à Nantes. — Le Voyage à Nantes
  • Un drôle de concert de cloches a été entendu ce jeudi soir peu après 18h30 aux quatre coins de la ville.
  • Il s’agit d’un parcours sonore imaginé dans le cadre de la première édition du Voyage en hiver.

L’expérience est totalement inédite et en a sûrement surpris plus d’un. Ce jeudi en fin de journée, des tintements de cloches se sont fait entendre simultanément ou presque dans différents quartiers de Nantes, jusqu’à l’hypercentre. A 18h32 précises, ce sont les clochers des églises Toutes-Aides à l’Est et Sainte-Anne à l’Ouest qui se sont réveillés les premiers, plongeant petit à petit la Cité des ducs dans l’esprit de Noël. Le son puissant a ensuite comme parcouru la ville, d’édifice en édifice, avant que le tintement ne se fasse entendre du côté de la Loire. « Que se passe-t-il, se demande un groupe de copines, au pied de l’église Sainte-Croix. Il y a un mariage à cette heure-ci ou quoi ? »

Pas question pour ces cloches, qui résonneront ainsi pendant une vingtaine de minutes tous les soirs jusqu’au 1er janvier, de célébrer une union ni même de donner l’heure. Ce jeudi, elles signalaient plutôt le lancement de la première édition du Voyage en hiver. À l’occasion de l’événement culturel, l’artiste contemporain Dominique Blais a en effet imaginé ce « parcours sonore » en réactivant les cloches des églises nantaises, dont certaines n’avaient pour certaines plus l’habitude ni même la capacité de jouer.



La Loire réverbère le son

Au total, ce surprenant concert est servi grâce à onze églises, sans oublier le château qui a été choisi pour suppléer la cathédrale, empêchée de sonner en raison de l’incendie. Neuf cloches ont ainsi été rénovées à l’initiative du Voyage à Nantes, et six édifices ont été équipés d’un dispositif sonore. Sur plusieurs ponts aussi, des haut-parleurs ont été installés pour reprendre les sonneries des églises les plus proches. « Des dispositifs d’amplification orientés vers la surface de l’eau jouent un rôle de miroir pour réverbérer le son, explique Dominique Blais. Si l’on se met sur les ponts, on peut vraiment le sentir venir de l’extérieur et se rapprocher. »

Tous les soirs, « cette vague qui traverse les quartiers en suivant les cours contradictoires du fleuve » doit être précédée par quelques notes, à 17h18. On vous prévient : il faudra bien tendre l’oreille et dépasser les sirènes d’ambulances ou autres bruits de la ville pour les distinguer, et notamment les deux types de sons joués dans cette « partition » : les tintements (produits par un marteau sur une cloche immobile) et les volées (la cloche, cette fois, se balance). Pour profiter au mieux, on peut par exemple se positionner dans l’une des rues piétonnes du quartier Bouffay, entre les églises Sainte-Croix et Saint-Nicolas. Dominique Blais conseille aussi de « longer la Loire à pied ou à vélo » pour un « sentiment d’étrangeté ».

Selon les retours du public, cette œuvre sonore devrait être présentée pendant cinq ans à la même période, à l’occasion des prochaines éditions du Voyage en hiver.