« On se devait de faire un geste »

Recueilli par Frédéric Brenon

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Philippe Berquin, responsable des TER.
Philippe Berquin, responsable des TER. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Confrontée à une grève des cheminots qui a duré quinze jours, la direction régionale de la SNCF a décidé hier d'accorder un dédommagement aux abonnés TER domiciliés en Pays de la Loire. Plus de 13 000 personnes sont concernées. Explications du directeur délégué aux TER dans la région.

Vous promettez aux usagers une « mesure commerciale à caractère exceptionnel ». De quoi s'agit-il ?
Ce sont des réductions. Les abonnés mensuels bénéficieront d'une remise de 25 % lors de l'achat de leur prochain abonnement (mai ou juin). Les abonnés pourront, eux, avoir une minoration de 25 % sur leur prélèvement de juin. Quant aux abonnés hebdomadaires, ils auront droit à - 15 % s'ils ont été touchés par la grève jusqu'à trois jours, à - 25 % à partir de quatre jours. Les demandes pourront être faites directement aux guichets des gares, à partir de ce jeudi.
Ce n'est pas dans les habitudes de la SNCF. Pourquoi agir de la sorte ?
Nous avons été l'une des régions les plus touchées par le mouvement. On a senti chez nos clients un sentiment de ras-le-bol, de l'incompréhension. On a reçu énormément de réclamations. Il était important de faire un geste, montrer aux voyageurs qu'on pense à eux. Nous n'étions pourtant pas obligés de le faire, car le service minimum légal a été assuré, tant au niveau de l'information que des mises en circulation.
Ce geste est-il nécessaire

pour redorer l'image de la SNCF ?
Oui, car c'est la seconde grève dans la région en seulement six mois et, dans ces périodes, il y a un vrai risque de perte de clientèle au profit de l'automobile. Derrière, il nous faut reconvaincre.
Craignez-vous une nouvelle

grève ces prochaines semaines ?
Notre région est socialement sensible et il y a un risque, nous le savons. Les pertes financières ont été importantes ces derniers jours. Une nouvelle grève serait une catastrophe pour l'avenir.

conflit

Agissant pour la défense du service public et l'obtention de revalorisations salariales, les cheminots (conducteurs pour l'essentiel) étaient en grève du 7 au 22 avril. A peine un TER sur deux circulait en moyenne.