Nantes : Johanna Rolland « belle maire un peu raciste ? », le tweet fait polémique

POLITIQUE Le mouvement de gauche Nantes en Commun accable la maire de Nantes après ses annonces en matière de sécurité

Julie Urbach
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La maire de Nantes Johanna Rolland, le 10 septembre 2021.
La maire de Nantes Johanna Rolland, le 10 septembre 2021. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA
  • Le mouvement de gauche Nantes en Commun se montre très critique après les annonces de Johanna Rolland et Gérald Darmanin, qu’il qualifie de « paquet de mesures inefficaces, inappropriées, racistes (…) »
  • « On a tous une belle maire un peu raciste ? », ose même le mouvement dans un tweet, depuis critiqué de toutes parts.

Les commentaires n’ont pas manqué. Depuis mercredi soir, les échanges sont vifs dans la sphère politique nantaise et même au-delà, après un message posté sur les réseaux sociaux. Sur la première page de ce communiqué signé Nantes en Commun (mouvement soutenu par LFI lors de l’élection municipale), la maire de Nantes Johanna Rolland (PS) et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin (LREM) apparaissent en photo avec ce titre : « On a tous une belle maire un peu raciste ? Rolland se range derrière Darmanin en liant immigration et insécurité. »



Une réaction aux annonces en matière de sécurité faites par l’édile et le ministre il y a quelques jours, qui ne plaisent donc pas au mouvement d’extrême gauche, les qualifiant de « paquet de mesures inefficaces, inappropriées, racistes (…) ». Après les épisodes de violence qui ont récemment touché la Cité des ducs, l’Etat a décidé d’y affecter définitivement 80 CRS. La mairie, de son côté, va créer 50 postes de policiers municipaux, et renforcer le nombre de caméras.

Un centre de rétention administratif sera créé pour la Loire-Atlantique, avaient-ils aussi annoncé conjointement. Johanna Rolland « fait ainsi un lien direct entre les faits divers des semaines passées - fusillades sur fond de trafic de drogue et viol - et l’immigration », estime aujourd’hui Nantes en commun.

Des soutiens de toutes parts

Depuis la publication de ce message, les critiques fusent. « La politique n’autorise pas tout ! Les mots ont un sens ! C’est toute l’histoire de mon engagement qui est ici insultée. En colère. Écœurée », s’est émue la première concernée sur Twitter. « Scandaleux », « ignominie », « honteux »… De nombreux membres du clan Rolland se sont exprimés, jusqu’à des personnalités socialistes comme Julien Dray. « Quand le gauchisme devient fou…, écrit-il. À Nantes, accusations odieuses contre la Maire Mme Rolland. »

Mais les soutiens sont venus de toutes parts chez les élus nantais, de droite comme de La République en marche. « Cette campagne des Insoumis est indigne du débat républicain. Ces insultes envers Gérald Darmanin et Johanna Rolland sont inacceptables. Plein soutien à eux face à cette odieuse diffamation », écrit par exemple Mounir Belhamiti, député En Marche.

Très critiques envers les annonces en matière de sécurité et notamment celle relative au centre de rétention administratif, les élus écologistes, membres de la majorité municipale, ont également tenu à apporter leur soutien à Johanna Rolland, ce jeudi matin. « Nous avons un désaccord fort avec la proposition sécuritaire proposée à Nantes. La profération d’insulte n’est pas à la hauteur du débat, le racisme est un délit, trop d’habitant.e.s en souffrent, nous condamnons cette insinuation. » C'est aussi le cas du député Andy Kerbrat (Nupes), membre de LFI.