Le « port à bois » dévoile ses faces cachées

Benjamin Rullier

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Une visite exceptionnelle du terminal de Cheviré était organisée vendredi à Nantes.
Une visite exceptionnelle du terminal de Cheviré était organisée vendredi à Nantes. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

Du bois oui, mais pas que. Dans le cadre de l'exposition « Nantes-Saint Nazaire, Petite Planète », qui souhaite mettre en valeur les liens historiques entre les deux villes, l'office de tourisme de Nantes a ouvert exceptionnellement les portes du terminal de Cheviré au public. « Pour les Nantais, ce site reste le « Port à bois, constate Ghislain de la Gatinais, guide-conférencier. C'est ce qui est le plus visible, et également le plus vrai historiquement. Mais aujourd'hui, cela ne représente plus qu'une infime partie de l'activité. »
En effet, les grumes (troncs d'arbres toujours recouverts d'écorces) venant de toute l'Amérique, mais également d'Afrique ou de Scandinavie, comptent à ce jour pour moins d'1 % des échanges, loin derrière les énergies (méthane, gaz naturel liquéfié…) ou encore l'agro-alimentaire (céréales…).

26 000 emplois liés au port
Ce site fait partie du Grand Port maritime (ex-Port autonome) de Nantes/Saint-Nazaire qui est, avec ses quelques 35 millions de tonnes de marchandises qui transitent chaque année, le premier port de la façade atlantique. « Environ 10 % de l'activité se situe à Nantes, précise le guide. Il est crucial de continuer à développer cette économie puisque près de 26 000 emplois en Loire-Atlantique sont liés au port. » Car il s'agit bien du « terminal » de Cheviré, et non pas seulement d'un quai, c'est-à-dire que l'on y « charge et décharge de la marchandise, mais surtout qu'on la transforme sur place ». En témoignent les quelques 2 millions de tonnes de ferraille qui sont broyées sur place chaque année. « Même si les Nantais croient qu'il n'y a plus de bateau dans leur ville, sous le pont de Cheviré l'activité reste importante et doit continuer à exister », insiste ce passionné d'histoire et d'économie.