à la barre, les vandales nient être « racistes »

Guillaume Frouin

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Les prévenus avait renversé les échafaudages du chantier de la mosquée de Nantes nord.
Les prévenus avait renversé les échafaudages du chantier de la mosquée de Nantes nord. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

Trois sympathisants d'extrême-droite étaient jugés au tribunal correctionnel pour avoir renversé les échafaudages du chantier de la mosquée Nantes Nord et dégradé des boîtiers électriques, en novembre 2007. Accompagnés d'un quatrième larron, à l'époque mineur, ils étaient également jugés pour des « violences » sur deux jeunes Maghrébins rencontrés juste après. Les faits s'étaient produits lors d'une soirée très arrosée, au cours de laquelle la bande avait décidé de placarder des autocollants du Front national de la jeunesse (FNJ) et du mouvement royaliste « Renouveau français » dans le quartier de l'un d'entre eux.

Une « erreur de jeunesse »
Costume cravate, mocassins cirés et raie de côté, Yves nie pourtant être « raciste ». « J'ai beaucoup d'amis juifs et musulmans, et je n'ai rien contre leur religion », assure cet « ancien militant » du Front national de 25 ans. Nicolas, qui était à l'époque étudiant en droit, regrette lui une « erreur de jeunesse ». « Mon client s'en est excusé, il a bien conscience qu'il a pu blesser la communauté musulmane », insiste son avocat, Me Philippe Bardoul. Ce dernier a d'ailleurs plaidé la relaxe des prévenus pour les « violences » commises sur les deux jeunes Maghrébins. « Aucun élément ne prouve qu'ils sont à l'origine de la bagarre », estime l'avocat. Yves dit même avoir reçu un coup de tournevis à la tête « qui aurait pu le tuer ». Le jugement devait être mis en délibéré.

Précédents

Une cabine de chantier avait déjà été incendiée en septembre sur le chantier, et des tags racistes inscrits. Le 10 novembre, des palettes avaient également été mises à feu. Des faits qui n'ont pas été imputés aux prévenus.