Les amoureux des abeilles essaiment au parc de la gournerie

GUILLAUME FROUIN

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Le « rucher-école » des apiculteurs de Loire-Atlantique se trouve à Saint-Herblain et accueille de nombreux ateliers pratiques.
Le « rucher-école » des apiculteurs de Loire-Atlantique se trouve à Saint-Herblain et accueille de nombreux ateliers pratiques. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

Avec leurs vareuses blanches immaculées, on les voit de loin. En ce samedi après-midi, 70 particuliers bourdonnent autour du « rucher-école » de l'Union des apiculteurs de Loire-Atlantique (Unapla), dans le parc de la Gournerie à Saint-Herblain. Depuis février, tous suivent une initiation à l'apiculture, faite de cours théoriques au lycée agricole Jules-Rieffel voisin et de « travaux pratiques ». Une formation qui rencontre un succès grandissant : en 2001, lors de son lancement, elle ne réunissait que onze stagiaires.
« De plus en plus de personnes veulent aujourd'hui avoir leur propre ruche chez elles, de la même manière qu'elles ont redécouvert les joies du potager », explique-t-on à l'Unapla. « Pour nous, c'est aussi une chance : la multiplication de ces ruches individuelles freine la baisse du nombre d'abeilles due à l'utilisation des pesticides. » Une hécatombe observée depuis une dizaine d'années, qui fait grimper la valeur des essaims survivants. « L'an passé, on s'est encore fait voler trois de nos ruches, avec leur miel », se désole Pierre Rivaland, apiculteur de 58 ans et formateur bénévole au « rucher-école » de l'Unapla.

Pesticides fortement déconseillés
Les 70  stagiaires, eux, ne sont pas dans cet état d'esprit. André, un ancien officier de la marine marchande, a ainsi voulu se trouver « une saine occupation » pour sa retraite. « Je veux juste produire mon propre miel, pour en faire profiter ma famille et mes amis », explique ce fils d'agriculteur, un béret vissé sur le crâne et une écharpe bretonne autour du cou. Fasciné par le monde des insectes, Louis, un informaticien de 42 ans, veut lui aussi « comprendre comment fonctionne une ruche ». « Je voulais déjà prendre des cours quand j'habitais à Paris, mais là-bas les cours sont complets. A Nantes, j'ai trouvé très vite une place », raconte le papa de Marie (8 ans) et de Victor (10 ans).
Quelles que soient leurs motivations, tous écoutent en petits groupes les six formateurs bénévoles. Concevoir son cadre de bois, fixer correctement la cire, choisir le bon combustible pour son enfumoir… Tous les trucs et astuces leur sont délivrés. L'utilisation de pesticides à proximité est bien évidemment fortement déconseillée. « J'ai connu un vieil apiculteur qui en avait passé pour éliminer les herbes hautes devant ses ruches », raconte Pierre Rivaland. « Vu le massacre, je peux vous dire qu'il ne recommencera pas de sitôt. »

Miellerie

Le lycée agricole Jules-Rieffel, avec qui l'Unapla a nouéun partenariat, dispose aussi d'une « miellerie collective » unique en France. Permettantde fabriquer du miel, depuis son extraction jusqu'à sa mise en pot, cet équipement communautaire peut être utilisé par des amateurs comme par des professionnels.« Cet équipement coûte très cher. Il permet aux jeunes apiculteurs d'investirdans le cheptel, plutôt quedans du matériel qu'on utilise peu dans l'année »,explique-t-on à l'Unapla.