Au Hangar à bananes, on enseigne la danse très contemporaine

David Prochasson

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Des cours de pole dance sont donnés à Nantes, depuis quelques mois, par Miss Cat.
Des cours de pole dance sont donnés à Nantes, depuis quelques mois, par Miss Cat. — J.-S. Evrard / 20 Minutes

Du rouge et du noir en bords de Loire. Sur la scène aux néons colorés de La Suite 21, un cabaret « lounge et sexy » du Hangar à bananes, deux barres métalliques verticales attendent les élèves. « La pole dance a une connotation sexuelle, mais c'est surtout un sport très complexe », assure Sandrine Le Fellic, alias Miss Cat, qui veut d'emblée tordre le cou aux idées reçues. Depuis plus de six mois, cette jeune femme de 33 ans dispense des cours de danse à la barre.

Rien à voir avec l'image vulgaire
Si cette discipline importée des Etats-Unis a pris son essor grâce aux boîtes de strip-tease, elle se débarrasse

doucement de sa réputation sulfureuse. Et débarque dans les grandes agglomérations françaises comme à Nantes. « La pole dance n'a rien à voir avec l'image vulgaire qui lui colle à la peau, estime Thimothée Stanculescu, élève de 19 ans. C'est une forme de danse – comme le classique ou le jazz – gracieuse, aérienne et féminine. »
Entre sport et art, gymnastique et danse, la pole dance n'est pas sans rappeler le mât chinois pratiqué au cirque, le glamour en plus. Dos cambré, tête haute, les élèves tentent de dompter la barre avec grâce et sensualité. Parfois, les mains glissent et le corps vacille. « C'est dur au début, on galère et on se fait mal », reconnaît Emmanuelle Hooghe, débutante. Les plus aguerries, elles, tutoient les airs, tête retournée, pieds haut perchés. « J'ai parfois l'impression de voler, d'être un oiseau », raconte Miss Cat. Chez la plupart de ces femmes, une même motivation : gagner en confiance pour mieux assumer sa féminité.

« J'avais peur que mes parents associent ça à du peep-show »
« Avant, je faisais du rugby et du basket, explique Cathy Peiffert, 37 ans et amatrice d'effeuillage burlesque. Avec la pole dance, j'ai appris une posture du visage, du corps, je porte mieux les talons. » Reste à changer les mentalités sur cette activité. « Je ne l'ai pas dit à mes parents au début, de peur qu'ils associent ça à du peep-show », témoigne Thimothée Stanculescu. Alors, souvent, le prof s'improvise d'abord psy. Pour rassurer.

Cours collectifs

D'abord considérée commeun sport, la pole dance se prête aussi à la dérision. A Nantes, Miss Cat donne des cours collectifs. Karine, 32 ans,l'a expérimentée à l'occasion d'un enterrement de vie de jeune fille : « On voulait une activité originale à partager entre filles, qui marque la future mariéesans qu'elle soit gênée. »Pas de chippendales ici,juste un moment de rigolade :« On s'est ridiculisées par notre manque de souplesse. Maisc'était une découverte géniale. »