Mystère autour du chauffard de Xavier Bertrand

PORNIC Le secrétaire général de l'UMP a été contrôlé sur la route. Au volant: un policier selon les gendarmes qui l'ont contrôlé, un militant selon le parti...

A Nantes, Guillaume Frouin

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Déjà dimanche, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'était interrogée sur "la pertinence" de ces systèmes de rémunération et Xavier Bertrand a indiqué mardi que l'UMP présenterait des propositions sur les stock-options qui "iront très loin".
Déjà dimanche, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'était interrogée sur "la pertinence" de ces systèmes de rémunération et Xavier Bertrand a indiqué mardi que l'UMP présenterait des propositions sur les stock-options qui "iront très loin". — Mehdi Fedouach AFP/Archives

«C’est archi-faux. C’est bien un militant bénévole qui conduisait, et non un policier en service.» La conseillère en communication de Xavier Bertrand maintient que la voiture du secrétaire général de l’UMP, contrôlée jeudi soir à 144 km/h au lieu de 90 km/h à la sortie de Pornic après un meeting des régionales, n’était pas conduite par un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur.

Bénévole ou policier?

«C’était un militant bénévole, comme pour tous les déplacements de Xavier Bertrand en région, qui sont organisés par nos antennes régionales», a expliqué ce mercredi cette conseillère à 20minutes.fr. «Vous comprendrez bien que je ne peux vous dire de qui il s’agit: ce pauvre monsieur a certes appuyé sur le champignon, mais on ne veut pas lui jeter la pierre.»

Elle confirme par ailleurs que l’ancien ministre du Travail était bien accompagné d’un «officier de sécurité», un policier du Service de Protection des Hautes Personnalités (SPHP). «Toutes les personnalités nationales y ont droit, quel que soit leur bord politique. Martine Aubry n’en a pas, mais Ségolène Royal et François Bayrou si... Mais une chose est sûre, ce n’est pas cet officier qui conduisait. C’était bien le militant bénévole.»

«Ils ne le reconnaîtront jamais»

Un gendarme, qui a pu lire le compte-rendu d’intervention de ses collègues, avait pourtant affirmé le contraire mardi. Recontacté ce mercredi par 20minutes.fr, celui-ci maintient ses propos. «Le conducteur était bien un policier. On ne peut se prévaloir de cette qualité sans présenter une carte professionnelle», indique cette source. «Au final, ce qui les gêne profondément [à l’UMP, ndlr] dans cette histoire, c’est de mettre des fonctionnaires au service d’un secrétaire général de parti. Ca, ils ne le reconnaîtront jamais.»

La voiture a été contrôlée aux jumelles laser au lieu-dit «Les Hunières», à huit kilomètres de Pornic, sur la D751 qui relie la ville à Nantes. «C’était un contrôle classique. Nous en faisons régulièrement aux heures de sortie de boîte de nuit, sur cet axe connu pour être accidentogène», explique le même gendarme. Si Xavier Bertrand n’a par ailleurs pas pu mettre en garde son chauffeur, quel que soit son statut, c’est parce qu’il s’était «assoupi», précise-t-on à l’UMP. Il était alors 1h du matin, et son train repartait de Nantes à 5h30.