Le diocèse se tape l'affiche

SOCIETE Une campagne pour le denier de l'Eglise bouscule les habitudes...

A Nantes, Frédéric Brenon

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La campagne d'affichage invite depuis hier les catholiques à donner davantage.
La campagne d'affichage invite depuis hier les catholiques à donner davantage. — DR

«L'Eglise est riche», «l'Eglise ne vous demande rien», «Chez nous tout est gratuit». Le ton est provocateur, la police de caractère exubérante et les couleurs flashy. La campagne de pub qui fleurit depuis hier sur les panneaux d'affichage de l'agglomération nantaise n'a rien de très habituel sur la forme.

Elle surprend encore davantage quand on comprend que le diocèse est le porteur du message. Objectif: sensibiliser les catholiques, notamment les plus jeunes, à participer à la collecte du denier du culte, rebaptisé il y a peu denier de l'Eglise. Neuf évêques des Pays de la Loire et de Bretagne se sont associés dans cette campagne à 650.000 € qui veut «réveiller les consciences».

Dépenses supérieures aux recettes


«L'Eglise a voulu tordre le cou aux idées reçues, en utilisant l'humour et le second degré par les codes marquants de la publicité discount, explique le diocèse de Nantes. Au cœur d'une société consumériste où l'argent occupe tous les esprits, l'Eglise pose la question du don.»

Il faut dire que l'intégralité des ressources provient des fidèles. «Nous ne recevons aucune subvention, contrairement aux idées reçues.» Les offrandes du diocèse nantais se sont ainsi élevées en 2008 à près de 18 millions d'euros, soit un don moyen de 230 €. Un tiers est récolté lors du denier du culte. Pourtant, confrontée à une baisse de pratiquants, l'Eglise a besoin d'argent: elle doit faire vivre ses prêtres et évêques, rémunérer du personnel, former des séminaristes, entretenir et gérer ses bâtiments. En tout, près de 20 millions d'euros de dépenses pour le diocèse nantais en 2008. «Tous les catholiques sont concernés par la vie matérielle de l'Eglise. Il faut l'aider», insiste ce dernier.