Les marais salants veulent sortir de l'eau

Frédéric Brenon

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Difficile d'accès pour des engins de chantier, la digue révèle plus de trente brèches.
Difficile d'accès pour des engins de chantier, la digue révèle plus de trente brèches. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Le rituel est immuable depuis le passage de la tempête Xynthia. A chaque marée haute, près de la moitié des marais salants guérandais est noyée sous l'eau. Impossible alors de distinguer les œillets submergés. En cause : la rupture de la digue située entre Batz-sur-mer, le Croisic et la Turballe, qui a pour principale fonction la protection des salines. Quelque trente-deux brèches ont été recensées. Leur taille, qui ne cesse de grandir depuis le week-end dernier en raison de l'érosion de la mer, atteint jusqu'à une vingtaine de mètres. Les travaux de réparation pourraient coûter cher. Plusieurs observateurs évoquent une dépense supérieure à 20 millions d'euros. Et, il y a urgence à agir.

« Une course contre la montre »
« Nous avons de nouvelles grandes marées à la fin du mois et il est totalement indispensable de colmater les brèches avant. C'est une course contre la montre », explique Ronan Loison, directeur de la coopérative des Salines de Guérande. Une nouvelle inondation majeure ruinerait à coup sûr la saison 2010 des paludiers. Elle dégraderait fortement l'équilibre des marais. Prenant la mesure du risque, le conseil général de Loire-Atlantique a annoncé hier que 3 millions d'euros seront affectés à la restauration de la digue. Une somme qui complétera l'aide promise par l'Etat et le conseil régional. « Un diagnostic assisté d'un expert va démarrer au plus vite, en collaboration avec la communauté de communes Cap atlantique. Des contacts avec des entreprises de travaux ont déjà été pris », assure le département. « La prise de conscience des pouvoirs publics est un peu tardive. On parlait déjà de la fragilité de la digue avant la catastrophe », rappelle Pascal Donini, paludier.

Aide aux communessoutien aux PME

Le conseil général de Loire-Atlantique a débloqué hier une aide exceptionnelle de 3 millions d'euros en faveur des communes sinistrées. Elle servira à la réparation des voies, des sentiers et des dispositifs de protection du littoral. « Ces aides seront accessibles immédiatement », promet le département. Ce dernier considère que « les dégâts aux particuliers relèvent plutôt du domaine des assurances ». Les CCI Nantes-Saint-Nazaire se mobilisent aux côtés des entreprises touchées par la tempête et mettent à leur disposition leur numéro vert « Allo PME » pour les informer et orienter sur les mesures en leur faveur. L'Etat a annoncé le déclenchement des fonds dits Fisac. Tél. : 0 800 100 302.