Jorj Morin raconte quarante ans de pub nantaise au château

Antoine Gazeau Photos BERTRAND BECHARD

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BN, Cassegrain, Decré, Amieux... Morin a vanté les mérité de nombreuses marques nantaises nationalement connues.
BN, Cassegrain, Decré, Amieux... Morin a vanté les mérité de nombreuses marques nantaises nationalement connues. —

« Quand je dis café, tu penses Houdet » : Bien avant le « What else ? » de George Clooney, Jorj Morin en avait illustrés, des slogans efficaces... S'ils l'ignorent souvent, les Nantais ont vécu au rythme des inspirations de l'artiste des années 1930 aux années 1970. La Nantaise coiffée de BN, Mademoiselle Plaisance oule Pois-Petit de Casegrain c'est Jorj Morin.

Cela valait bien une exposition. Jusqu'au 2 mai, le château des Ducs de Bretagne rend donc hommage à l'art publicitaire du créateur décédé en 1995, connu par ailleurs pour ses mosaïques. Un hommage fidèle à son univers coloré, servi par une scénographie bien sentie, aux relents enfantins. Quelque 150 oeuvres y expliquent le processus de création d'une affiche ou d'un emballage, du calque au projet vendu... Outre qu'elle dévoile des compositions efficaces et épurées, la visite « permet surtout de découvrir ce qui faisait jadis la gloire industrielle de Nantes », résume l'adjoint au patrimoine, Stéphane Junique.

Grâce aux dons des frères Amieux, de la famille Lefèbvre-Utile ou des Biscuiteries nantaises (BN), les réserves du musée débordaient déjà de fragments d'art publicitaire local. La famille de Jorj Morin, elle, a donné 3 300 oeuvres et documents. « Ils arrivent à point nommé, souligne Marie-Hélène Joly, directrice du Château. Nous étions pauvres en productions postérieures à 1920. »

Les pâtés Tante Coline, les papeteries Chupin, les grands magasins Decré, les conserveries Cassegrain ou Amieux : Jorj Morin a travaillé avec plus d'une quinzaine de clients nantais. De cette liste subsistent aujourd'hui les entremets Plaisance, devenus Nat-Ali, et BN, avec qui il a collaboré de 1933 à 1955.

Pour l'occasion, la biscuiterie réédite d'ailleurs une boîte des années trente. Tirée à 2 000 exemplaires, elle sera vendue en ville. Car l'exposition sort de ses murs, à l'instar des chars publicitaires imaginés autrefois par Morin pour le carnaval de Nantes... En lien avec l'événement, les 350 commerçants de Plein centre s'adressent aux collectionneurs : cinq découpages animés, du petit navire Tapioca à la figurine Alsa, sont dispatchés dans leurs boutiques. Son fils Alain le rappelle : « La porte de l'atelier de Jorj Morin était toujours ouverte. » W

Jusqu'au 2 mai, de 10 h à 18 h.

Fermé le lundi. Plein tarif : 2 euros.