Un aéroport en pleine campagne

Guillaume Frouin

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Christophe Béchu, hier devant l'aéroport.
Christophe Béchu, hier devant l'aéroport. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Un « projet indispensable, mais incomplet ». Plutôt discret sur la question jusque-là, Christophe Béchu, tête de liste (UMP) aux régionales en Pays de la Loire, a apporté hier son soutien au transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Un soutien qu'il a conditionné à l'inscription, en juin prochain, de la ligne à grande vitesse Nantes-Rennes au Schéma national des infrastructures de transports (Snit) par le gouvernement. « Sans cela, on fausserait les hypothèses d'une augmentation très forte du trafic, estime Christophe Béchu. Cela pourrait être de nature à remettre en cause le projet... Mais nous allons tout faire pour l'obtenir. »

Jacques Auxiette (PS), candidat à sa réélection à l'hôtel de région, milite lui aussi en faveur d'un nouvel aéroport pour « désenclaver l'Ouest » mais aussi pour « des questions d'emploi » (15 000 personnes travaillent dans l'industrie aéronautique en Pays de la Loire). Des « mesures compensatoires pour la biodiversité » à Notre-Dame-des-Landes et une « réhabilitation » des environs de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique sont prévues, insiste le président sortant de la région. Reste que cela suscite la ferme opposition des écologistes. « Nous demandons à l'Etat d'abandonner son projet », explique Jean-Philippe Magnen (Verts), tête de liste Europe Ecologie. « Si nous sommes élus, pas un euro de la région n'ira dans ce projet. Et le bocage de Notre-Dame-des-Landes sera labellisé zone d'agriculture bio et paysanne. » Même son de cloche au MoDem, où l'on préfère promouvoir un « projet alternatif de maillage du territoire par le rail ». « L'actuel aéroport d'Angers-Marcé est complètement sous-utilisé et pratiquement vide », fait valoir sa tête de liste Patricia Gallerneau (ex-Verts). « On répondrait ainsi au Grenelle de l'environnement. » W