Après « une fugue en Espagne », Rania réapparaît à Nantes

Guillaume Frouin

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C'était totalement inespéré. Rania, la lycéenne de 17 ans qui n'avait plus donné signe de vie depuis quatre mois, est rentrée chez elle, vendredi soir, dans le quartier du Breil. Sa mère l'a alors accompagnée au commissariat de police, où l'adolescente a expliqué aux policiers qui enquêtaient sur sa disparition avoir « fugué en Espagne en faisant du stop ».

« Ses déclarations sont assez confuses et parfois contradictoires », relève néanmoins une source proche du dossier. La jeune fille, « relativement fragile et désorientée », a donc été laissée au repos ce week-end. Elle devrait être réentendue aujourd'hui par le juge d'instruction en charge du dossier, et suivie par un psychologue. « Une chose est sûre : elle ne s'est pas échappée de je ne sais quel lieu où elle aurait été enlevée », a confié hier Xavier Ronsin, procureur de la République. « Elle a certainement eu une vie de galère et des épisodes relativement aventureux pendant quatre mois, mais on est d'abord heureux qu'elle soit revenue vivante et en apparente bonne santé », tient à souligner le magistrat.

Elève en seconde au lycée Carcouët, Rania avait disparu le 21 septembre. Après l'annulation d'un cours d'histoire-géo, elle avait expliqué à deux amies rendre « visite à une cousine des Dervallières » au lieu de rentrer à l'appartement familial. Seulement, elle n'a pas de famille aux Dervallières. Des plongeurs avaient alors inspecté la Loire, après que des automobilistes l'avaient vue sur le pont de Cheviré.

Décrite comme « sans histoires », l'adolescente était partie sans papiers d'identité ni argent. Et, a fortiori, sans téléphone : sa mère le lui avait confisqué peu avant « pour qu'elle se consacre à ses études et ne passe plus de coups de fil à des tiers », avait déclaré le procureur de la République lors de l'ouverture par le parquet de Nantes d'une information judiciaire pour « disparition inquiétante ». W