Colère noire après la pollution

Guillaume Frouin

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Depuis samedi, plus de dix tonnes de fioul ontété ramassées sur les plages de la région.
Depuis samedi, plus de dix tonnes de fioul ontété ramassées sur les plages de la région. — F. PERRY / AFP

Le lieu n'a rien d'anodin. Les associations écologistes ont appelé, hier, à manifester samedi après-midi (15 h) dans le bourg de Batz-sur-Mer, épicentre de la marée noire de l'Erika, il y a tout juste dix ans. Depuis samedi, plus de dix tonnes de galettes de fioul ont été collectées sur le littoral de Vendée et de Loire-Atlantique. Leur origine pourrait être connue dès aujourd'hui avec les résultats des premières analyses. Mais, bien qu'« en voie de régression », selon la préfecture, la survenance de cette pollution a ravivé de douloureux souvenirs sur la côte atlantique.

« Elle fait suite à bien d'autres depuis la catastrophe de l'Erika », grimace Jean-Claude Hervé, secrétaire des Amis des collectifs marée noire. Le naufrage du pétrolier Prestige (2002) et la rupture d'une canalisation à la raffinerie de Donges (2008) sont passés par là. « Ça doit nous stimuler pour aller plus loin dans le principe du pollueur-payeur », martèle, de son côté, Philippe Boënnec. Depuis ce week-end, le député-maire (UMP) de Pornic a vu ses 14 km de côtes souillées par les galettes. Une pollution « plus importante que celle du Prestige » pour ce qui concerne sa ville. Pour autant, leur ramassage ne devrait débuter qu'aujourd'hui : tirant les leçons du passé, Pornic a fait constater la situation par huissier, et n'entend faire travailler que des entreprises privées. « Les heures de travail des personnels communaux, suite au naufrage de l'Erika, ne nous ont pas été remboursées », justifie Philippe Boënnec, qui a porté plainte après cette nouvelle pollution. « Désormais, on aura des factures à présenter au tribunal. » W