Le super flash-ball dans le viseur

Guillaume Frouin

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C'était le 27 novembre 2007. Au rectorat de Nantes, en marge d'une manifestation contre la loi Pécresse, un lycéen de 17 ans recevait en pleine tête un tir de lanceur de balles de défense (LBD), un « super flash-ball » réputé sept fois plus puissant qu'un pistolet à balles en caoutchouc ordinaire. Depuis, Pierre D. « a perdu l'usage de son oeil droit », se désole sa mère. Hier, avec son mari, elle s'est inquiétée de « l'entrave » faite par les autorités policières à l'enquête des deux juges d'instruction. Elle a réclamé la mise en examen du policier responsable - clairement identifié -, comme d'autres l'ont été dans des circonstances similaires, en juillet, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

« Il ne s'agit pas de s'en prendre à un lampiste, prévient le père du lycéen. Nous voulons qu'une enquête soit menée sur sa hiérarchie pour mise en danger de la vie d'autrui : cet homme n'aurait pas tiré sans en avoir reçu l'ordre. » Le couple a reçu dans sa démarche le soutien de syndicats enseignants. « Certains policiers se conduisent comme des cow-boys, car ils ont un sentiment d'impunité, fustige Didier Hude, secrétaire de la FSU en Loire-Atlantique. A Waldeck-Rousseau, quand on est un policier républicain, il faut savoir se faire petit pour ne pas avoir de soucis avec ses collègues. » Contacté par 20 Minutes, le directeur départemental de la sécurité publique n'a pas souhaité faire de commentaire. « Si le juge d'instruction me demande des pièces, je m'exécuterai immédiatement », a simplement déclaré François Mainsard. W