Le bio se démocratise dans les cantines

Frédéric Brenon

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La cantine de l'école de la Chauvinière a servi du pain bio aux élèves, hier midi.
La cantine de l'école de la Chauvinière a servi du pain bio aux élèves, hier midi. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

« C'est vraiment très bon. En plus, c'est meilleur pour la santé. » Visiblement connaisseur, Matias, 7 ans, a goûté hier midi du pain biologique avec ses camarades de CP et CE1. La cantine de l'école Chauvinière en avait reçu quelques kilos dans le cadre d'une expérimentation menée par la mairie de Nantes. Chaque lundi, désormais, les restaurants scolaires pourront bénéficier de ces pains fabriqués à partir de farine T80, riche en fibre et plébiscitée par les nutritionnistes. Le test sera répété jusqu'aux vacances de Noël, avant une éventuelle généralisation. Une étape de plus dans l'introduction progressive d'aliments bio, entamée il y a cinq ans.

« Nous favorisons un approvisionnement de proximité et essayons d'intégrer autant que possible des produits issus de l'agriculture biologique. On propose déjà du lait, des carottes, des choux, du blé. Il devrait bientôt y avoir des pommes et de la tome », raconte Catherine Piau, adjointe au maire chargée de la restauration scolaire. Près de 7 % du budget denrées alimentaires de la ville est consacré à l'achat de produits bio. Ces derniers représentent un léger surcoût (quelques centimes par repas), absorbé par la mairie.

Encouragées par le Grenelle de l'environnement, qui fixe à 20 % la part du bio dans la restauration collective en 2012, plusieurs autres communes de l'agglo en mettent elles aussi quotidiennement dans leurs assiettes. Bouguenais propose aujourd'hui plus de 50 % de bio dans ses repas. Saint-Herblain, Rezé ou Vertou le font à petites doses depuis quelques années. Saint-Sébastien vient de s'y mettre. Orvault y « réfléchit sérieusement ». « Il y a un intérêt grandissant dans les collectivités, alors qu'il y a quatre ou cinq ans, on passait pour des hurluberlus, constate le Groupement des agriculteurs biologiques 44. En milieu urbain, parler de bio est même devenu politiquement très porteur. On le doit aux pressions des associations ou d'une nouvelle génération de parents. Nous espérons maintenant que la démarche va se développer et que le bio local sera préféré au bio importé. C'est l'enjeu de demain. » W