Feu médiatique sur les ravisseurs d'Aurélia

JUSTICE Le rapt de la fillette de 6 ans avait donné lieu à la première Alerte enlèvement fin 2005...

Guillaume Frouin

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C'est un procès hors normes qui débute ce lundi devant la cour d'assises à Angers. Dominique Guillouche, 40 ans, et son ex-femme Alfréda Deneux, 34 ans, vont être jugés pendant six semaines pour avoir enlevé, puis violé chez eux, Aurélia, 6 ans, en novembre 2005.

Le rapt de Jallais (Maine-et-Loire) avait donné lieu à la toute première Alerte enlèvement en France, un dispositif médiatique qui avait poussé le couple à relâcher la fillette dans les rues de Cholet, trente heures après le rapt. Les gendarmes les avaient arrêtés, le lendemain soir, dans leur maison de Villedieu-la-Blouère, dans les Mauges choletaises, après que la femme les ait appelés pour dénoncer son mari.

Des tentatives à Nantes et Vertou

Au fil de l'enquête, il est toutefois apparu que le rapt d'Aurélia n'était pas une première pour les deux coaccusés. Dominique Guillouche et Alfréda Deneux seront en effet jugés pour une demi-douzaine d'autres enlèvements ratés, entre 2003 et 2005, à Nantes, Vertou, Le Loroux-Bottereau ou encore au Mesnil-en-Vallée (Maine-et-Loire). Sur la même période, ils sont également accusés de viols et d'attouchements sexuels sur dix-huit fillettes de leur entourage. La plupart ont eu lieu à leur domicile, alors que les parents des victimes leur avaient brièvement confié la garde de leurs enfants.

«Dominique Guillouche reconnaît être pédophile, explique à 20 Minutes Elisabeth Gohier, son avocate. Il assume ses actes, mais il ne veut pas tout endosser. Selon lui, c'est sa femme qui le poussait à aller chercher des petites filles pour assouvir ses propres pulsions sexuelles. Il ne faut pas en faire un monstre, et lui restituer sa part d'humanité.» L'homme, qui a grandi dans la région nantaise, a par ailleurs été un enfant «maltraité par sa mère», selon son avocate, puis un adolescent sorti sans diplôme du système scolaire. N'ayant jamais vraiment exercé d'emploi, il vivait d'allocations pour adultes handicapés en raison de «problèmes psychologiques», tout comme son ex-femme d'ailleurs. Aux côtés du couple, qui a divorcé l'an passé, seront également jugés le beau-frère de Dominique Guillouche et une ancienne voisine, qui avaient eu rapidement connaissance du rapt d'Aurélia, mais ne l'avaient pas dénoncé.