Nantes, berceau mythique du surréalisme

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L'expositionéclaire notamment sur le « groupe de Nantes », précurseur du mouvement.
L'expositionéclaire notamment sur le « groupe de Nantes », précurseur du mouvement. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Simple mythe ou réalité ? Jusqu'au 27 février, la médiathèque Jacques-Demy fait le point sur les liens entre Nantes et le surréalisme avec une exposition intitulée « En route mauvaise troupe ». On connaît ces mots d'André Breton dans Nadja : « Nantes : peut-être, avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine. » Le chef de file du mouvement a été interne à l'hôpital de la rue Marie-Anne du Boccage en 1916. C'est là qu'il fit une rencontre décisive, celle de Jacques Vaché, blessé à la guerre. « Breton considère que sans lui, il n'aurait pas créé le mouvement », explique Agnès Marcetteau-Paul, directrice des bibliothèques de Nantes.

Nantes, ville surréaliste ? « Personne n'affirme cela. Mais la Cité des ducs est devenue mythique par la volonté d'André Breton. » Avant-guerre, l'écrivain Jacques Vaché avait fait paraître la revue En route mauvaise troupe avec des camarades du Grand Lycée (aujourd'hui Clemenceau). Pour les spécialistes, ce « groupe de Nantes » est le précurseur du surréalisme. Sans nier les liens entre la ville et le mouvement, l'historien Didier Guyvarc'h considère toutefois cette association comme une construction. « Le surréalisme est devenu une image de marque lorsque Nantes a eu besoin de cette notoriété, dans les années 1990. Mais à l'époque, cette ville bourgeoise n'aurait pas accepté le caractère subversif du mouvement. »

Depuis la dernière expo sur le sujet, aux Beaux-Arts en 1994-1995, la ville a mené une politique active d'acquisition. Ce sont ces oeuvres, issues de la donation Jean Sarment - un des membres du groupe de Nantes - ainsi que des ventes André Breton et Julien Gracq, que présente la médiathèque. W

David Prochasson