Nantes veut préserver sans figer

David Prochasson

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« Pour comprendre une ville, il faut montrer une continuité dans sa construction. » Jean-Marc Ayrault a révélé hier les axes de sa politique du patrimoine. Le message est clair : « Ce que l'on choisira de préserver devra être constitutif d'une identité commune. Mais il ne devra pas s'intégrer comme une contrainte. » Le député-maire, qui garde en tête l'inscription de l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'Unesco, veut rendre la cité plus attractive. Sans pour autant en faire un musée.

La ville souhaite ainsi favoriser des prises de décisions collectives. Composé d'associations, un conseil nantais du patrimoine épaulera les experts du conseil scientifique. Après avoir créé l'an dernier la direction du patrimoine, la mairie entend renforcer son expertise. Dès 2010, trois archéologues vont être recrutés pour réaliser des diagnostics et des fouilles. « Ces recherches seront à la base de la médiation auprès du grand public », souligne Marie-Hélène Jouzeau, conservatrice en chef. Un important volet de préservation du patrimoine est également programmé : la restauration de l'église Notre-Dame du Bon-Port en 2012-2013, celle de l'Hermitage sur la butte Sainte-Anne ou le réaménagement des cours Cambronne et Saint-Pierre. La colonne Louis XVI, place Foch, sera rénovée en 2014 tandis qu'une sculpture du général de Gaulle sera installée cours des 50-Otages en juin 2010. L'an dernier, en pleine campagne électorale, la découverte de vestiges gallo-romains à Bouffay avait suscité de vives critiques. « Le débat a permis à la Ville de s'engager dans une politique ambitieuse », reconnaît aujourd'hui Jean-Marc Ayrault. W