Un suicide et des interrogations

Guillaume Frouin

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Qui a tué Vildye Raitière ? Depuis deux ans, l'amant présumé de cette Gabonaise de 38 ans, dont le corps avait été retrouvé à demi-calciné dans un chemin de Carquefou en octobre 2007, clame son innocence depuis la maison d'arrêt de Nantes. Pierre-Marie Ndoutoume-Mba, 45 ans, est pourtant le dernier à avoir vu la victime vivante, qu'il avait « déposée devant chez elle à 4 h du matin après une soirée dans un bar ». Mais un nouvel élément a réveillé récemment ses espoirs de remise en liberté.

Selon nos informations, Jean Raitière, le mari de la victime, s'est pendu en juillet dernier dans son garage, deux jours avant sa première confrontation avec l'amant présumé de sa femme. « C'est un lâche », analyse Pauline Assengone-Mba, soeur du suspect. « Il avait peur de la confrontation avec Pierre-Marie, qu'il avait fait incarcérer pour rien. » « Jean Raitière n'est peut-être pas l'auteur du meurtre, mais il l'a peut-être commandité », est convaincu Yvon Simon, son concubin. Décrit comme violent et jaloux, Jean Raitière, 66 ans, ne supportait plus selon eux les sorties de Vildye, réputée volage par son entourage. « Le mari s'est suicidé, car il ne supportait plus d'être seul depuis le placement des enfants de son épouse », rétorque François Touron, vice-procureur en charge de l'enquête. L'homme aurait ainsi laissé un message en ce sens avant de mettre un terme à ses jours. « Cela ne sème pas le trouble chez les enquêteurs. Nous avons des éléments probants qui prouvent que Jean Raitière n'est pas sorti de chez lui la nuit du crime. En revanche, nous avons des charges accablantes contre Pierre-Marie Ndoutoume-Mba. », W