« Je veux redevenir le numéro un »

Recueilli par David Phelippeau

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Sa première titularisation, lundi, contre Metz « Déjà, je veux gagner. Et puis, j'ai un petit challenge personnel. C'est de faire réfléchir le coach pour la suite... On n'a pas tout le temps une porte qui s'ouvre comme ça. Je vais essayer d'en profiter un maximum. Pourquoi ne pas en foutre plein la tronche au coach ? Si j'arrive à le faire douter, j'aurai réussi une partie de mon pari. »

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Son poste de numéro 2 « Lors de la défaite à Troyes (4-0) en Coupe de la Ligue j'ai raté mon match. Il me semble que j'ai payé le prix fort donc ce n'est même plus la peine d'en parler... A 36 ans, avec une carrière correcte, je me retrouve sur un banc de Ligue 2... J'ai vraiment touché le fond lors de mon match sur le banc à Caen (1-0), en août. Pendant l'espace d'une heure, je me suis demandé ce que je foutais là. Et puis, après, il y a les autres joueurs qui sont adorables et qui m'ont épaulé de manière admirable. Ils ont vu que je n'étais pas en super forme. C'est beaucoup grâce à eux si je suis encore debout. Ensuite, Gernot Rohr fait ses choix. Je n'ai pas de problèmes avec ça. Je n'ai pas de souci avec Gernot. J'ai non seulement envie de redevenir le numéro un, mais je n'ai aussi pas du tout envie à moyen terme d'arrêter le foot. Je suis dans une logique de progression, si cela est possible à mon âge. Ce n'est pas mon dernier combat, c'est sûr. »

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Son faux départ du FC Nantes « Quitter Nantes pour une autre Ligue 2, est-ce que c'était bien malin ? Je me suis demandé si je n'aurai pas dû le faire, surtout fin août. Tout s'est mal goupillé fin juin. J'ai été blessé puis il y a eu l'arrivée de Lubos Kamenar. Il a fallu trancher quand c'est devenu sérieux avec Panionios (en Grèce). Financièrement, j'aurais pu faire une belle opération, mais c'était fuir. Et je n'avais pas envie de fuir. Cela fait dix-sept ans que je suis en France. J'ai fait une carrière qui mérite le respect. »

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N'a-t-il pas des regrets toutefois? « Je n'ai aucun regret. J'ai rapidement compris que Lubos jouerait, mais je n'avais pas envie de demander d'explication au coach. Avec mes proches, j'ai beaucoup discuté. Je me suis rendu compte que ça valait le coup de se battre ici. J'ai mes repères à Nantes. Je n'ai pas eu envie de péter ma vie à 36 ans pour aller jouer en Grèce dans un club de milieu de tableau. Je n'ai pas voulu briser mon équilibre familial pour une hypothétique belle aventure. Si encore Arsenal m'avait appelé, j'aurais peut-être réagi différemment, mais ils ne m'ont pas appelé, ces cons ! (rires) »

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L'ambiance ici « Je retrouve plus l'ambiance de la montée avec Saint-Etienne d'il y a dix ans. L'année dernière, il y a eu des jours où c'était lourd de venir à la Jonelière. Cette saison, il n'y a pas de défiance, la concurrence est saine. A 36 ans, je suis content de venir m'entraîner. L'année dernière, ce n'était pas tous les jours le cas. Plus je vais vers la fin de ma carrière, plus je mesure la chance que j'ai de faire ce métier. »

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Son avenir « L'idée d'arrêter me terrorise. J'ai envie de poursuivre le plaisir le plus longtemps. Ce n'est pas une question d'argent. Si j'arrête, je vais être perdu. J'aurai plein de trucs à faire car il y a des télés qui m'appellent souvent. Mais, j'aime trop le foot. Je suis fou de mon métier. Le jour où ça va s'arrêter, ça va me faire un grand vide. Tant que les jambes disent oui, et même si c'est en National, ça ne me posera pas de problèmes. » W