Des truands à l'ancienne aujourd'hui dépassés

— 

Survivance d'une époque qu'on croyait révolue, l'assassinat de Bernard Algret avait remis en 2006 le « milieu nantais » sous les feux des projecteurs. Un conglomérat de petits et grands voyous, qui a connu son apogée dans les années 1970 et 80, en prospérant notamment sur les « bars à hôtesses » du « quai de la Fesse ». Mais ce retour fugace n'était manifestement qu'un feu de paille.

« Aujourd'hui, il n'y a plus de milieu nantais à proprement parler », estime l'avocat Fabrice Petit. « Il y a surtout des individus qui tiennent le haut du pavé... Mais, selon moi, il n'y en a pas plus de dix à Nantes. Il suffit d'ailleurs de comparer leurs chiffres d'affaires avec ceux réalisés par le trafic de stupéfiants dans les quartiers. C'est sans commune mesure. »

Autre baron du barreau, Yvan Trebern ne dit pas autre chose. « Comme s'accordent à le dire les policiers, il y a aujourd'hui des petites bandes et des réseaux, mais plus de milieu structuré comme avant », observe l'avocat nantais. « Ce n'est plus la structure pyramidale qu'on nous présentait à un moment. »

Reste que les quelques survivants ne font pas dans la dentelle. Au cours de l'instruction dans l'enquête sur la mort de Bernard Algret, un des accusés a affirmé qu'un contrat courait sur sa tête et qu'il avait échappé à plusieurs tentatives de meurtre en maison d'arrêt. Pierre Kolye, l'un des hommes de main du commando, a ainsi obtenu d'être mis à l'isolement en détention. « Je préfère être seul que mal accompagné », a-t-il justifié devant les jurés. W

G. F.