Ayrault dit non à un nouveau transbordeur

Frédéric Brenon

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« Ce projet n'aura pas mon soutien. » Le maire de Nantes est catégorique. Il ne voit pas l'utilité de construire un nouveau pont transbordeur et n'entend pas aider l'association citoyenne qui oeuvre à ce dessein. « S'il avait été conservé, le pont transbordeur nantais aurait sûrement aujourd'hui un attrait touristique, admet Jean-Marc Ayrault. Mais si j'annonçais qu'on en refaisait un, on me prendrait pour un fou ! On ne construit pas l'avenir avec un projet du passé. Il faut aller de l'avant. Un tel ouvrage ne résoudrait pas le problème des déplacements à Nantes. Je pense de toute façon que cette idée n'intéresse qu'un microcosme nantais. Elle fait plutôt sourire la grande majorité des habitants. »

Voilà déjà un an et demi que l'association Les Transbordés travaille à la réalisation d'un pont transbordeur similaire à celui qui a dominé le bras de la Madeleine, de 1903 à 1958. Moqué à ses débuts, le projet étonne désormais les observateurs par son sérieux et son modernisme. « Les études de faisabilité progressent, explique l'architecte Paul Poirier, cofondateur de l'association. Nous disposons notamment de l'aide d'un consortium d'entreprises, de laboratoires et d'écoles spécialisés dans l'aéronautique, la navale et le génie civil ». Evalué à 50 millions d'euros, l'ouvrage pourrait être financé par un partenariat public-privé « Contrairement aux autres ponts, celui-ci serait en partie amorti par ses recettes touristiques », fait remarquer Paul Poirier.

Reste les soutiens politiques, indispensables pour passer un jour à la phase de concrétisation. « Nous avons des partisans à droite comme à gauche, assure l'architecte. Nous comptons aussi beaucoup sur l'enthousiasme phénoménal du public. Jean-Marc ­Ayrault semble être le seul à ne pas percevoir cet intérêt. C'est dommage, mais nous avons bon espoir qu'il change d'avis. D'autres villes ont, elles, déjà fait savoir qu'elles étaient intéressées. » W